Accéder au site des jeunes solidaires Accéder au portail "Vous aider" Accéder à la l'espace Multimédia
 
 
La colère des associations
pour les sans-abri et les mal logés
mise en ligne : 19-09-2008

« Dépités », « en colère », « ras-le-bol », « inacceptable » : les expressions de mécontentement ont émaillé le bilan de la politique de l’hébergement et du logement dressé mercredi 17 septembre par le collectif des Associations unies, dont fait partie le Secours Catholique. Le collectif a ensuite rencontré le Premier ministre François Fillon.

La conférence de presse des associations se tenait symboliquement dans un centre d’accueil de jour parisien de l’association Emmaüs à Paris, près du Châtelet. Les personnes sans domicile présentes ne se sont d’ailleurs pas privé de donner leur avis. Les Associations unies ont dénoncé « l’illisibilité » et « l’incohérence » des décisions politiques après le « coup d’accélérateur » dû à l’action des Enfants de Don Quichotte, il y a deux ans.

Pour François Soulage, président du Secours Catholique, Le Plan d’action renforcé pour les personnes sans abri (Parsa) n’est pas respecté. Le nouveau principe du maintien des personnes en hébergement, tant qu’elles n’ont pas de solution de « sortie » satisfaisante, se heurte à l’absence de logement. Du coup, les places aujourd’hui dites de « stabilisation » se trouvent gelées, empêchant l’accès aux centres d’hébergement pour de nouveaux entrants. François Soulage estime « qu’il n’y a pas d’amélioration pour les gens de la rue en termes quantitatifs ». Le président du Secours Catholique demande « qu’on arrête de se moquer du monde et d’annoncer des mesures sans financement ».

Le Premier ministre indique de son côté avoir demandé aux préfets de « libérer 15% des places d’hébergement en permettant aux personnes qui le souhaitent d’accéder à un logement social ». Il ajoute que « plusieurs centaines de logements seront mis à disposition, soit par acquisition, soit par intermédiation locative ».
François Fillon a également fait état de « capacités d’hébergement d’urgence de 96 240 places, soit un niveau jamais atteint en France » et de la « mobilisation de crédits à hauteur de 1 080 millions d’euros » pour leur financement et celui de 39 projets innovants d’hébergement (intermédiation locative, maisons-relais…)

Il n’en demeure pas moins que le projet de loi de « Mobilisation pour le logement » de Christine Boutin et le rapport au Premier ministre du député Etienne Pinte sont en pleine contradiction aux yeux des associations. Celles-ci considèrent, de plus, le projet de loi comme « régressif ». S’il est voté tel quel, en octobre, il autorisera les villes à inclure dans leur quota légal de logements sociaux, ceux en accession sociale à la propriété. Or cette formule est inaccessible aux plus modestes, protestent les associations.

Propositions d’urgence

La colère des organisations caritatives porte également sur la réduction de 10% des crédits du logement et de la ville dans le budget 2009 (Le Premier ministre serait revenu mercredi après-midi sur cette décision).
Redoutant que le prochain hiver soit « comme les autres » pour les personnes de la rue,
les Associations unies font des propositions, pour l’urgence et le plus long terme.

François Tcherkessof



 
Mentions légales