Un masque d’un noir ébène, un cendrier surmonté de carrés aux couleurs vives, une statuette africaine… tous conçus dans un même matériau, l’asphalte. Cette matière qui participe de façon intime au quotidien des créateurs de ces œuvres. Ils sont demandeurs d’asile, en situation de grande précarité ou sans domicile fixe… Un masque d’un noir ébène, un cendrier surmonté de carrés aux couleurs vives, une statuette africaine… tous conçus dans un même matériau, l’asphalte. Cette matière qui participe de façon intime au quotidien des créateurs de ces œuvres. Ils sont demandeurs d’asile, en situation de grande précarité ou sans domicile fixe… et se réunissent huit heures par semaine à l’atelier Artabou pour une parenthèse artistique dans leur quotidien difficile. Mis en place en 2000 par l’artiste Annick Goy avec le soutien du Secours Catholique de Savoie, à Chambéry, cet atelier artistique donne l’opportunité aux personnes en difficulté de s’exprimer à travers l’art. « Cela les maintient dans une énergie qui leur est nécessaire pour leurs actions dans le quotidien », explique Michel Pétrier qui a pris la suite d’Annick Goy en 2005. Parce que pour les personnes sans domicile fixe, l’asphalte est devenu un refuge, ce dernier a choisi de travailler avec eux cette matière bien particulière et chargée de leur histoire. « Les œuvres en asphalte sont des tatouages dans lesquels ils racontent ce qui est inscrit dans leur corps, explique l’artiste et animateur de l’atelier. Je les oriente vers cette matière mais n’impose rien. Ceux qui ont déjà un savoir-faire le partage. » Ainsi une Tchétchène a su confectionner des mosaïques et des églises à sa manière en assemblant du bobinage électrique. En juin, leurs talents artistiques ont été dévoilés aux Chambériens au cours d’une exposition. « L’art est une occasion pour eux d’être valorisé », explique Michel Pétrier. Un moyen d’être reconnu par la société. C.R.
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