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Entreprises - Les stagiaires dépités d’être “gratifiés”
mise en ligne : 25-04-2008

Les 800 000 étudiants stagiaires viennent de subir un revers réglementaire, malgré le soutien de parlementaires et de grands syndicats. Après la déception, la détermination et l’imagination reprennent le dessus.

«Les stagiaires se font arnaquer ! » tempête Guillaume, du collectif “Génération précaire”. Les étudiants stagiaires sont, on le sait, souvent utilisés en lieu et place de professionnels. Une “gratification mensuelle” de 398 euros nets leur est due lorsque le stage dure plus de trois mois, vient de préciser un décret du Premier ministre.

Cette gratification est exempte de cotisations sociales. Le décret se révèle très en deçà des demandes des étudiants, de parlementaires, de syndicats et des deux grandes associations de parents d’élèves : rémunération sur la base de 50 % du salaire minimum ouvrant droit à la protection sociale, délai de carence entre deux stagiaires sur un même poste, etc.

C’est la pression de deux puissantes organisations patronales qui l’a emporté. Leurs adhérents multiplient les stages quasi professionnels. Une grande entreprise du BTP peut ainsi proposer un stage d’assistant chef « responsable, avec le chef de chantier, de la rentabilité économique du projet […] du respect des règles d’hygiène et de sécurité […] des délais, de la qualité de l’ouvrage », etc. “Génération précaire” soumet maintenant aux parlementaires un texte de loi qui mixe les avancées proposées par la majorité et par l’opposition.

François Tcherkessof

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crédit : Elodie Perriot / SC


 
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