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Hébergement - Le droit à la dignité
mise en ligne : 21-01-2008

Le centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de la Cité Notre-Dame accueille environ 140 personnes sans domicile fixe. Comme tous les CHRS de France, la Cité fait face à un manque de places mais aussi au refus des sans abris d’être hébergés dans un endroit qui leur semble trop impersonnel. Depuis octobre 2007, les 140 places de la Cité Notre-Dame sont rénovées.

Il est 9 heures au 6 rue de la Comète, dans le 7e arrondissement de Paris. Geneviève Gostiaux, coordinatrice de la vie quotidienne, fait sa tournée matinale des 140 pensionnaires du Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de la Cité Notre-Dame. Elle les connaît tous par leur nom, connaît leur histoire et leurs problèmes. Elle entre dans une chambre à l’aide d’une carte magnétique dont chaque hébergé est muni pour accéder en sécurité à son espace de vie. Composée de quatre lits et quatre armoires, la chambre paraît inhabitée, comme si les pensionnaires n’y vivaient pas. Pourtant, cela fait trois ans qu’ils y cohabitent. « Les locaux sont vétustes par endroits et très sommaires», explique Geneviève. Endettement, divorce, perte d’emploi, absence de papiers ou refuge politique, autant de raisons qui provoquent la perte d’un logement. «Les personnes que nous accueillons ne viennent pas directement de la rue. Elles sont souvent passées par des foyers d’urgence et nous sont adressées par leur assistant social», souligne Catherine Baldacci, directrice du CHRS.

À la différence d’un centre d’hébergement d’urgence, ce type d’organisme fournit aux hébergés un accompagnement social individualisé et une aide vers l’emploi. Deux conseillères d’insertion professionnelle leur permettent de s’adapter et de connaître le monde de l’entreprise. « Un centre d’hébergement et de réinsertion sociale est un palier pour l’accès au logement de droit commun », indique la directrice. Les pensionnaires d’un CHRS peuvent rester sur place six mois renouvelables, selon l’avancement de leur projet personnel. En raison du manque de logements sociaux, la majorité d’entre eux reste un minimum de dix-neuf mois. « L’année dernière, j’ai reçu 1 200 demandes d’hébergement et nous n’avons pas pu répondre à toutes », confirme Catherine Baldacci. Gilbert, 51 ans, l’artiste du centre, vit au ici depuis quatre ans comme nombre de ses colocataires. Il aura accès dans peu de temps à un logement au sein d’une maison relais. « Je suis ravi, mais j’ai fini par m’habituer à mon logement à la Cité Notre-Dame et l’équipe va me manquer », déclare-t-il. Certains ne sont pas de son avis. Au coin fumeur, l’un des hébergés s’énerve : « Ça fait quatre ans que je suis ici ! Tu te rends compte ? Je n’en peux plus. » En octobre 2007, la direction de la Cité Notre-Dame a pris les devants par rapport à la loi Dalo pour « humaniser les locaux et les mettre aux normes de la loi du 2 janvier 2002 qui stipule le droit à l’intimité et à la dignité », souligne Catherine Baldacci. Des travaux ont débuté au rez-de-chaussée. Bientôt, les pensionnaires vivront dans des chambres de deux. Un pas vers la dignité.

Clémence Richard

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crédit : Xavier Scwebel / SC
En 2006, ce CHRS a reçu 1200 demandes sans pouvoir toutes les honorer.


 
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