| L’Afrique dans l’extrême diversité des situations qui la caractérise est en pleine mutation...
D’un coté, ce continent est confronté à d’énormes difficultés qui persistent voire s’aggravent. La pauvreté reste endémique. L’espérance de vie régresse dans les pays frappés par l’insécurité alimentaire ou le Sida. La croissance urbaine crée de graves déséquilibres. Le réchauffement climatique accélère la désertification dans la région du Sahel ou provoque des inondations. La problématique des migrants économiques s’accroît inexorablement.
De l’autre, il existe - et on n’en parle pas assez - une Afrique qui bouge, une croissance économique soutenue, une diminution du nombre de conflits armés et un nombre croissant d’initiatives de la société civile africaine en faveur de la démocratie et du développement durable. Cette dernière développe souvent une stratégie d’influence auprès des décideurs publics et privés dans le domaine social, économique, politique ou environnemental. De nombreuses organisations, de toutes tailles et de toutes formes en sont nées et se sont développées, structurées voire professionnalisées.
Mais surtout, l'Afrique est redevenue un enjeu géostratégique majeur sur la scène internationale. Cette fois-ci le clivage n'est pas idéologique comme ce fut le cas pendant la guerre froide. Le continent africain retrouve aujourd'hui une place en accord avec ses importantes ressources naturelles dans les différents agendas politiques internationaux.
C’est une bonne nouvelle pour l'Afrique à condition que cela se développe de façon transparente, responsable et pour le bénéfice du plus grand nombre de citoyens africains. Ceux qui nouent des relations économiques, de coopération, ceux qui investissent en Afrique ont une responsabilité importante, qui n'est pas moindre que celle des responsables africains eux-mêmes, parce qu'il n'y a pas de développement durable sans gouvernance démocratique.
Pour que cette gouvernance en Afrique avance, nous devons veiller à préserver les capacités des pays africains à vivre de l’exploitation durable des ressources dont ils bénéficient sur leur territoire. Il n’est pas acceptable que des entreprises internationales sous l’aval de leur Etat procèdent à un véritable pillage de ces ressources en privant les africains des plus values qui permettraient le décollage économique et les investissements sociaux prioritaires (notamment l’éducation et la santé). Il est encore plus préoccupant de constater que le pillage et la mauvaise gestion de ces ressources favorisent des conflits et appauvrissent les populations africaines.
Le Secours Catholique entend participer activement au renforcement de la société civile africaine. En donnant à nos partenaires africains des appuis nécessaires à leur autonomisation, nous favorisons le développement de nouvelles initiatives proprement locales qui pourront contribuer à des sociétés africaines plus justes et plus fraternelles.
Lire le Rapport d'activités 2008 du Département Afrique au Secours Catholique (PDF 1,3 Mo de 29 pages)
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