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PAKISTAN La commission Justice et Paix contre l'accusation de blasphème
mise en ligne : 17-11-2009

Emmanuel Yousaf Mani, Peter Jacob et Kiran Afzaal, membres de la commission nationale Justice et Paix Pakistan, combattent les lois iniques de leur pays qui font, depuis bientôt trente ans, de plus en plus de victimes innocentes.

Tous trois chrétiens, les représentants de l’ONG faisaient escale à Paris, mi novembre, pour rencontrer les associations partenaires avant de faire route vers Bruxelles. Membres de la plus importante minorité du pays, soit 2,5% de la population, ils plaident aussi en faveur des autres minorités (Hindus, Zikris, Ahmadis, autres minorités musulmanes) qui souffrent tout autant de la restriction des libertés et de la montée en puissance des discriminations. Créée en 1985, la commission nationale Justice et Paix Pakistan mène une action de plaidoyer en faveur des droits de l’homme. Elle réagit notamment contre les lois et les politiques discriminatoires dont sont victimes de nombreux Pakistanais, et se concentre actuellement sur les cas d’accusation de blasphème.

Le blasphème est un terme qui n’apparaît pas dans les textes mais qui est induit des comportements et fait l’objet d’interprétations plus ou moins fallacieuses. Progressivement introduites dans le corpus législatif du pays depuis 1980, des lois punissent de mort ceux qui insultent le prophète Mahomet. Or l’insulte n’est pas plus définie que ne l’est le blasphème. Celui qui, souvent sans enquête de police et sans procédure d’instruction, est reconnu coupable d'injures contre le Coran encourt l'emprisonnement à vie. Encourent également des peines de 3 ans de prison et des amendes modulables, tous ceux qui sont reconnus coupables d’insultes envers les compagnons ou la famille du prophète, portant ainsi un dommage moral et émotionnel aux fidèles.

Ces lois dérivées de la Charia n’ont pas d’équivalent ailleurs. Aucun autre pays ne dispose d’un tel arsenal législatif. Leur application est devenue abusive à partir de 1991, ouvrant la voie à un large arbitraire. Les juges qui prononcent la relaxe de certains accusés sont menacés de représailles. Un juge a été assassiné pour avoir déclaré innocents certains prévenus. Le maintien de ces lois dans le code pénal a détruit non seulement les relations entre les différentes communautés religieuses mais surtout les libertés de conscience et d’expression. Pire, ces lois sont des armes contre les minorités religieuses qu’utilisent les fanatiques pour s’attaquer, au nom de la religion ou d’un patriotisme délirant, à ceux qui ne vivent pas comme eux.

 

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