Dans un climat tendu, 14,8 millions d’électeur Sri Lanka se sont rendu aux urnes, le 26 janvier, afin d’élire leur nouveau président. C’est dans un pays pacifié depuis huit mois que les Sri Lankais ont été appelés à voter, mardi 26 janvier, afin d’élire leur nouveau président. Alors que le président sortant, Mahinda Rajapakse, a convoqué ces élections deux ans avant la fin de son mandat afin de profiter de la vague de sympathie que lui a valu sa victoire sur les rebelles tamouls en mai 2009, il doit aujourd’hui affronter Sarath Fonseka, son ancien général, celui-là même qui était son allié principal dans la résolution de ce conflit. Farath Fonseka a démissionné de son poste de chef des Armées afin de présenter sa candidature aux élections présidentielles. Ironie du sort, le vote de la minorité tamoule pourrait finalement les départager dans le cas où les votes de la majorité Cinghalaise se répartissent à parts égales entre les deux candidats. Les résultats définitifs de l’élection devraient être communiqués le 27 janvier dans la journée.
Alors que le président Mahinda Rajapakse avait appelé à un vote calme, au moins deux bombes ont visé le domicile d’un responsable local du parti au pouvoir, à la veille du scrutin, sans faire de victimes. De plus, quatre autres explosions ont été recensées dans la péninsule de Jaffna, bastion tamoul au nord du pays.
En mai dernier, le conflit opposant les forces armées au mouvement des Tigres de libération de l’Eeelam tamoul (LTTE) s’est achevé après 37 années de combat qui ont provoqué la mort de 80 000 à 100 000 personnes. Jusqu'à 285 000 civils tamouls avaient été parqués, à la suite de ce conflit, dans des camps sous haut contrôle militaire. Sous la pression des Nations unies et des associations de défense des droits l’homme, le Sri Lanka a libéré 150 000civils à la fin novembre 2009, et indiqué le 1er décembre dernier, que les 135 000 restants étaient "libres" de partir. Pour autant quelque 11 000 demeurent en détention, considérés comme "suspects" de terrorisme par les autorités de Colombo.
|