Le conflit opposant l'armée sri lankaise et les rebelles tamouls, dans le nord du Sri Lanka, a pris fin avec la défaite des Tigres Tamouls le 18 mai dernier. Les conditions pour fournir l'aide humanitaire sont difficiles. La population qui s'est réfugiée dans des camps à la périphérie de la zone dangereuse manque de soins et de nourriture malgré l'aide de Caritas Sri Lanka. Le président sri lankais, Mahinda Rajapakse, a annoncé, lundi 18 mai, la défaite des Tigres tamouls, mettant ainsi fin à 37 ans de conflit dans le nord du pays. Le même jour, le chef des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), Velupillai Prabhakarana, aurait été tué par l’armée gouvernementale. Quelque 265 000 personnes ont fui la zone dangereuse depuis le début du conflit et sont enregistrées dans des camps, selon le Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (UNHCR). Caritas Sri Lanka continue de distribuer la nourriture à plus de 30 000 personnes malgré son accès limité aux camps de déplacés. Bien qu’elle soit l’une des rare ONG à être autorisée à travailler dans les camps, Caritas n’a accès à la population que par le biais des militaires. Elle demande une liberté totale et un accès illimité aux personnes déplacées ainsi que l’ouverture de la route A9. Seul axe de communication entre le nord et le sud de l’île, elle a été fermée par le gouvernement en 2006 à la suite de combats sanglants.
Un bureau a également été mis en place à Mannar par le Catholic Relief Service (CRS, la Caritas américaine) et un autre à Vavuniya par Caritas Sri Lanka dans l’objectif d’assurer la coordination des trois diocèses du nord qui accueillent les personnes déplacées. Leurs équipes assureront l’aide alimentaire et sanitaire aux déplacés jusqu’à septembre au minimum.
Caritas demande également à ce que les tamouls obtiennent rapidement des documents d’identités sans subir l’interrogatoire qui est de mise actuellement. « Nous accueillons la fin de la guerre avec plaisir. Toutefois, tous les Sri Lankais doivent avoir les mêmes droits au développement, à la liberté d’expression et à la sécurité. Aujourd’hui, nous devons construire la paix et Caritas fera tout cne qu’il peut pour cela », explique Fr. Damian Fernando, directeur exécutif de Caritas Sri Lanka. Le président sri lankais s’est engagé devant le Parlement à protéger les droits des Tamouls et a annoncé qu’il proposerait « une solution acceptable pour toutes les communautés. » Le peuple Tamoul se plaignait de discrimination depuis l’indépendance du Sri Lanka en 1948, qui a coïncidé avec l’accession au pouvoir des Cinghalais, en 1948. Caritas et l’Église demande qu’un véritable plan d’intégration de la population tamoule soit établi.
Caritas Internationalis a fait appel à un partenaire facilitateur afin d’organiser l’aide sur place. Le Secours Catholique s’est porté volontaire et devrait savoir dans les jours à venir si cette tâche lui sera confiée.
Selon l’Onu, le conflit a causé la mort de plus de 70 000 personnes, dont 6 500 civils durant l’offensive finale de ces derniers mois. Aloysius John , responsable du département Asie à l’action internationale du Secours Catholique , est l’invité de l’émission « C dans l’air » du 20 mai 2009, en direct, à 17h50 sur France 5. Il est possible de revoir cette émission sur le site internet de France 5.
Pour répondre à l'appel au don : Mention "Urgence Sri Lanka" Ou faîtes un don en ligne sécurisé en cliquant ici. |