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DROITS DE L’HOMME : L’indispensable quête de vérité

03/10/2011

Les associations de défense des droits de l’homme attendent du nouveau pouvoir ivoirien la plus grande transparence sur les exactions commises de part et d’autre, alors que les élections législatives sont prévues en fin d’année.

La populativoirienne souhaite en priorité pouvoir rentrer chez elle.

La liste des membres de la commission Dialogue, vérité et réconciliation a fini par être publiée le 5 septembre, près de trois mois après la création de la commission. Cette dernière a pour objectif de permettre « au pays d’aller le plus rapidement possible vers la normalisation et la reconstruction du tissu social », selon le président Alassane Ouattara. Elle compte onze membres, dont le footballeur ivoirien Didier Drogba, attaquant de l’équipe anglaise de Chelsea et représentant la diaspora. Elle est surtout composée d’autorités religieuses, coutumières, et des cinq représentants des grandes régions du pays. Et elle est présidée par l’ancien premier ministre de Laurent Gbagbo, Charles Konan Banny. La Convention de la société civile ivoirienne en attend beaucoup. Trop, peut-être ? Ses membres suggèrent en tout cas de remonter aux premières heures de l’Indépendance, en 1960, afin d’aborder les questions de gestion du foncier rural, des grands flux migratoires et des problèmes identitaires. Cette période a en effet connu un afflux de populations des pays voisins, venues travailler dans les plantations de cacao notamment. Des populations dont la présence s’est révélée indésirable à la fin des années 1990, avec la montée du débat sur l’“ivoirité”. Alassane Ouattara lui-même, ancien premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, avait été empêché de se présenter à la présidentielle de 2000 sur la base d’un déni de sa nationalité ivoirienne.

Des milliers d’armes.

La décennie suivante, marquée par la scission du pays entre un Nord gouverné par les Forces nouvelles rebelles et un Sud resté fidèle à Laurent Gbagbo, a vu se perpétrer de nombreuses exactions, dont les ONG estiment qu’elles ne doivent pas rester impunies. La crise postélectorale, de décembre 2010 à avril 2011, a connu elle aussi son lot d’atrocités. Plus de 3 000 personnes ont été tuées en cinq mois. Selon le rapport de la commission d’enquête internationale indépendante sur la Côte d’Ivoire, les exactions ont été commises par les deux camps opposés. International Crisis Group (ICG), une ONG d’analyse des conflits, estime dans un rapport publié début août qu’« une justice de vainqueur semble se mettre en place ». De fait, des membres du clan Gbagbo ont été inculpés, tandis que pour le seul mois de juillet, l’Onuci (les Casques bleus de l’Onu) a dénombré 28 exécutions sommaires par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), la nouvelle armée qui a intégré les anciennes Forces nouvelles anti-Gbabgo ayant aidé Ouattara à prendre le pouvoir. Selon ICG, les hommes de l’ex-rébellion « sont mal formés, désordonnés et commandés par des chefs de guerre ». L’ONG craint que le jeune pouvoir de Ouattara ne parvienne pas à rétablir l’ordre avant les élections législatives, prévues en décembre. Et cela d’autant moins que la crise a laissé en circulation des milliers d’armes à feu. « Cet arsenal est une menace immédiate et grave pour la Côte d’Ivoire, le Liberia, le Ghana et pour tous les pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest dont l’actuelle discrétion est préoccupante », estiment les auteurs du rapport.

Catherine Rebuffel

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