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REPORTAGE : Mayotte, un îlot français au milieu des Comores

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05/09/2011

Nouveau département, Mayotte veut développer son économie. Tout reste à faire. De notre envoyé spécial

E. PERRIOT / S.C.  JPEG - 386.2 ko
E. PERRIOT / S.C.

Côté mer, Mayotte tient ses promesses. Mais sous les épais feuillages des badamiers et des arbres à pain se cachent des “bangas”, misérables cahutes de terre et de tôles où s’abritent des clandestins comoriens. Amida est arrivée il y a quelques semaines. À la mort de son père, elle a quitté l’île d’Anjouan distante de 70 km pour trouver refuge ici, au sud de Mamoudzou, capitale de Mayotte, avec sa mère et ses deux petits frères handicapés mentaux. Pour 400 euros, elle a embarqué dans un kwassa-kwassa, barque de pêcheur à fond plat équipée d’un moteur. Ils étaient trente passagers, deux fois trop nombreux pour un si petit bateau. Plusieurs milliers de Comoriens ont péri ces dernières années, mais les passeurs, âpres au gain, continuent de surcharger leurs barques. Ceux qui survivent à la traversée doivent encore échapper à la Police de l’air et des frontières (Paf). « Une véritable chasse », déplore une bénévole de Solidarité Mayotte, association d’aide aux demandeurs d’asile. Les agents de la Paf doivent faire du chiffre et renvoyer à Anjouan 30 étrangers par jour. Cette année, le quota de 27 000 clandestins sera atteint. Un record. Sur les 200 000 habitants de Mayotte, l’une des quatre îles de l’archipel des Comores, on estime qu’un tiers est en situation irrégulière. Devenue département français en avril dernier, Mayotte attire plus que jamais. Les Comoriens ne sont pas seuls à tenter la traversée au péril de leur vie. Malgaches, Congolais, Rwandais, Burundais, Tanzaniens fuient les guerres et la misère. Les Comoriens viennent pour travailler ou pour retrouver une partie de leur famille.

Jeunesse.

Pour le père Vincent, Congolais et aumônier de la délégation du Secours Catholique de Mayotte, il importe de donner un avenir à la jeunesse, sur cette île dont les moins de 20 ans représentent la moitié de la population. Or le chômage dépasse 55 % de la population active et le système scolaire manque de moyens, alors même que le niveau est assez bas. L’une des principales activités du Secours Catholique consiste à alphabétiser, notamment les jeunes. Au centre Nyamba, on leur propose des activités artistiques, comme des pièces de théâtre qu’ils donnent dans divers lieux de l’île. Autre mission pour les bénévoles de la délégation de Mayotte : améliorer les conditions de traitement des migrants sur l’île, en servant d’interface aux guichets administratifs tenus par des Mahorais, pas toujours enclins à l’accueil. «  Il n’est pas rare qu’ils refusent aux demandeurs d’asile l’accès aux droits, qu’ils donnent de mauvais renseignements, refusent de compléter des dossiers ou exigent des sommes d’argent qu’aucun texte ne prévoit », déplore Éric, bénévole. La tradition mahoraise reposant sur l’oralité et la parole donnée, certains Mahorais peinent à prouver qu’ils sont nés Français, et d’autres qu’ils sont propriétaires. Depuis peu, les mères touchent des allocations familiales (60 euros mensuels pour un enfant, 91 pour deux, 115 pour trois et plus). Un salaire minimum équivalant à 80 % du Smic est en place. Bientôt, 20 000 foyers sans emploi toucheront une aide équivalant au quart du RSA métropolitain. Le gouvernement se donne vingt-cinq ans pour hisser l’île au niveau de la métropole. « Tant que persistera le déséquilibre entre les Comores et Mayotte, le problème de l’immigration se posera », affirme Christophe Vénien, délégué du Secours Catholique à Mayotte. En juin dernier, les délégations de Mayotte et de la Réunion se sont rendues en Grande Comore pour renforcer la coopération avec la Caritas de Moroni.

Jacques Duffaut


La Nouvelle Calédonie envisage l’indépendance

L’archipel mélanésien de Nouvelle-Calédonie, à 1 500 km à l’est de l’Australie, s’étire sur 18 575 km². Près de 250 000 habitants vivent sur ses cinq principales îles (14 hab. km²). Toutefois 60 % de la population se concentre dans l’agglomération de Nouméa, au sud de la Grande Terre. Composée d’une population mélangée et métissée où dominent les Kanaks (40 %) et les Caldoches et métropolitains (30 %), la collectivité ne connaît, du fait de son éloignement important, qu’une faible immigration et un tourisme confidentiel. Colonie française de 1853 à 1946, territoire d’outre-mer de 1946 à 1999, la Nouvelle-Calédonie est désormais une collectivité d’outre-mer à statut particulier. Un référendum, prévu entre 2014 et 2019, proposera à sa population d’opter pour l’indépendance.


Les articles du dossier « Outre-mer : Les îles sont loin d’être un paradis »

Source Messages n° 660 - septembre 2011