
- Crédit : Caritas Internationalis
« Cette catastrophe est pire que le tsunami (de 2004), le tremblement de terre au Pakistan en 2005 et le récent tremblement de terre à Haïti », a déclaré lundi 9 août, Maurizio Giuliano, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).
« Elle est plus importante car, lors du tremblement de terre au Pakistan en 2005, plus de 3 millions de personnes avaient été sinistrées, tandis que le tsunami avait affecté 5 millions de personnes et que quelque 3 millions de personnes ont été sinistrées lors du tremblement de terre à Haïti », a-t-il ajouté.
Selon l’ONU, les inondations au Pakistan ont tué au moins 1600 personnes en près de deux semaines. Quelque 500.000 personnes sont sans abri dans la seule région du Pendjab (centre). Surtout, les pires inondations de l’histoire du Pakistan ont fait quelque 13,8 millions de sinistrés.
Appel de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a indiqué lundi 9 août que l’Organisation internationale lancerait prochainement un appel de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars pour aider les victimes des inondations catastrophiques au Pakistan.
Ban Ki-moon a également souligné la nécessité d’envisager une assistance à moyen et long terme au Pakistan, avertissant que ce sera « une tâche considérable et de longue haleine ».
Islamabad a affirmé que les bailleurs de fonds étrangers, parmi lesquels les États-Unis, avaient promis 92,8 millions de dollars d’aide (70,4 millions d’euros), mais sur le terrain, les efforts des organisations caritatives islamiques, dont certaines sont soupçonnées de liens avec les extrémistes, sont beaucoup plus visibles.
L’Autorité pakistanaise de gestion des catastrophes avait estimé vendredi 6 août à 12 millions le nombre de personnes déjà touchées par les inondations au Pendjab et au Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest du Pakistan). Près de trois millions de personnes ont été touchées dans le Sind (sud), portant à 15 millions le nombre de personnes affectées à ce jour dans ce pays de 170 millions d’habitants.
Selon l’ONU, 700 00O hectares de terre ont été détruits au Pendjab. Mais les dégâts sont pires dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest).
« Des millions de personnes souffrent, la pluie continue de tomber et de nouvelles pertes humaines sont à redouter. J’appelle le monde entier à nous aider », a lancé le Premier ministre Yousuf Razar Gilani.
Le niveau d’aide doit être « massivement augmenté », a déclaré Martin Mogwanja, coordinateur humanitaire pour l’ONU au Pakistan. « Il manque d’abris, de bâches en plastique, de biens pour la maison. Les stocks doivent être transportés d’urgence vers les zones touchées », a-t-il indiqué.
Des régions entières coupées du monde
Toute la région de la vallée de Swat (nord), où le Pakistan a mené l’an passé une vaste offensive pour chasser les talibans, est isolée, tout comme une partie du Pendjab et du Sind, selon les autorités.
Dans le Sind, des centaines de travailleurs agricoles étaient bloqués par les eaux sur un pont de la ville de Karampur.
« Nous voulions gagner un endroit plus sûr, mais nous ne pouvons plus bouger », témoigne Dodo Kahn, 50 ans. « Notre village est sous les eaux. Nous avons fui. Nous n’avons pas mangé depuis trois jours. Mon fils cadet, qui a cinq ans, pleure tellement, il a faim ».
Besoin de nourriture et de d’abris
Malgré les difficultés d’accès aux populations, Caritas Pakistan s’efforce de porter secours aux populations dans la mesure de ses moyens et après évaluation des besoins. Ces derniers concernent principalement l’accès à l’eau potable et à des structures d’assainissement, ainsi que la nourriture. La plupart des familles ont perdu l’intégralité de leur stock de vivres. Les zones dont les marchés n’ont pas été détruits seront à court de vivres dans moins d’une semaine. Souvent très pauvres, les familles ont perdu l’ensemble de leurs maigres biens, bétail compris, n’ayant rien pu sauver d’autre que les vêtements qu’elles portaient sur elles.
État de santé préoccupant
Cordaid, la Caritas hollandaise, travaillant dans la région de Shangla, indique une forte préoccupation quant à une possible épidémie de diarrhée, dysenterie, voire de choléra ; d’autres Caritas, déjà présentes sur place, comme Catholic relief service, sont également à pied d’œuvre pour porter assistance aux populations. Ainsi Caritas Pakistan va concentrer son soutien auprès de 4000 familles dans les diocèses de Multan, Quetta, Islamabad/ Rawalpindi et Faisalabad, en distribuant de la nourriture, des tentes, des kits d’hygiène et de cuisine ; Cordaid va déployer des unités médicales mobiles, en plus de son intervention dans les secteurs précédemment cités ; Trocaire, la Caritas irlandaise va se concentrer davantage sur la protection des enfants. D’ores et déjà, Caritas Pakistan lance un appel aux dons pour un montant de 3,8 millions d’euros. Le Secours Catholique vient de débloquer 50 000 euros pour soutenir en première urgence son partenaire pakistanais, et lance un appel aux dons.
(Avec AFP)
Pour faire un don en ligne : [http://donenligne.secours-catholiqu...]




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