
- ©Alex Hofford/Epa/Maxppp
- Des sauveteurs tentent encore de retrouver des survivants à Natori, dans le nord-est du Japon, après le passage du tsunami.
Le Japon était engagé lundi 14 mars dans une course contre la montre pour éviter un accident nucléaire majeur après de nouvelles explosions dans une centrale et pour porter secours aux centaines de milliers de sinistrés du plus puissant séisme de son histoire.
Les autorités tentaient en outre de limiter l’impact économique de la catastrophe, qui a drastiquement réduit l’approvisionnement électrique dans la région de Tokyo, peuplée de 35 millions d’habitants, où des entreprises ont suspendu partiellement leur production.
Deux nouvelles explosions
Deux explosions se sont produites lundi en fin de matinée au niveau du bâtiment abritant le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima 1, accidenté à la suite du séisme.
Le toit du bâtiment a été soufflé mais l’enceinte de confinement qui abrite le réacteur a résisté, a assuré peu après l’opérateur, Tokyo Electric Power Company (Tepco). La possibilité de fuites radioactives est « faible », a ajouté le gouvernement. Neuf personnes présentes sur les lieux ont été blessées.
Une explosion similaire d’hydrogène avait eu lieu samedi sur le réacteur 1 de la même centrale, située à environ 250 km au nord-est de Tokyo.
Cet accident a été évalué au niveau 4 sur une échelle de 0 à 7 des événements nucléaires et radiologiques (Ines), contre 5 pour celui de Three Mile Island aux États-Unis en 1979 et 7 pour celui de Tchernobyl, en Ukraine en 1986.
Retrouver des survivants
Dans la région dévastée par le séisme de magnitude 8,9 suivi du tsunami, les sauveteurs redoublaient d’efforts lundi matin pour tenter de retrouver des survivants.
Mais l’espoir diminuait d’heure en heure autour de Sendai, où le bilan officiel s’élevait à 1 597 morts, selon la police.
L’autre priorité des autorités était de porter secours aux 590 000 personnes évacuées, selon un décompte des Nations unies.
« Nous manquons surtout d’eau potable. Mais aussi de vivres et d’information », a témoigné le maire d’Ishinomaki, l’une des villes les plus touchées. « En l’absence d’électricité, les secours sont difficiles à organiser même si de nombreuses personnes ont proposé leur aide », a ajouté Hiroshi Kameyama.
Le Japon a mobilisé 100 000 soldats, soit 40 % des effectifs de son armée, tandis que de nombreuses équipes de sauveteurs étrangers continuaient à arriver sur les lieux.
Le Premier ministre, Naoto Kan, a affirmé dimanche que le pays faisait face à « sa plus grave crise en 65 ans, depuis la Seconde Guerre mondiale ».
« La capacité du Japon à se relever dépend de chacun d’entre nous », a ajouté le chef du gouvernement, qui porte depuis vendredi l’uniforme des services d’urgence.
La solidarité du réseau Caritas
La Caritas du Japon est elle aussi à pied d’œuvre pour soulager les souffrances des victimes de la catastrophe. Elle a lancé une campagne de collecte nationale dès le 12 mars et se prépare à lancer des opérations d’assistance auprès des populations du diocèse de Sendai, particulièrement affectées par la vague géante du tsunami. Son action se concentrera néanmoins davantage sur la phase de réhabilitation. « Nous allons également accompagner les victimes en deuil. Comme de très nombreuses personnes dans le monde », a indiqué l’évêque Isao Kikuchi, président de la Caritas japonaise. « Nous avons reçu beaucoup d’e-mails de compassion et de prières de tous les continents. Nous sommes très reconnaissants de cette solidarité. Nous pensons que l’aide est nécessaire, mais que la prière est aussi importante dans cette situation », a-t-il ajouté.
En France, la solidarité et la compassion se sont exprimées dans de nombreuses églises dimanche, à l’heure de la messe. Environ 3 000 personnes, le double d’une messe dominicale ordinaire, ont notamment assisté à la messe célébrée à la cathédrale Notre-Dame de Paris en hommage aux victimes du tremblement de terre et du tsunami. « Je suis l’interprète de tous pour dire qu’aujourd’hui les catholiques de France ont prié avec une attention particulière à l’intention du peuple japonais », a déclaré le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
L’onde de choc de l’angoisse
Une secousse sismique, d’une magnitude de 5,8 selon l’institut de géophysique américaine (USGS), a secoué lundi matin la région de Tokyo.
Cette situation incertaine rendait nerveux les investisseurs, avertis par le gouvernement de « l’impact considérable » qu’allait avoir le séisme sur l’activité économique. L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a plongé de 6,18 % en clôture, victime d’ordres de « vente panique ».
Les principaux constructeurs nippons d’automobiles ont suspendu lundi leur production dans tout le pays, à cause de difficultés d’approvisionnement.
La compagnie Tepco, qui dessert l’est du Japon, cherchait lundi à différer tant que possible les coupures d’électricité prévues pour réguler la demande alors que onze réacteurs étaient à l’arrêt à cause du séisme. Le nucléaire produit environ un tiers de l’électricité de l’archipel.
La Banque du Japon a procédé à la plus importante injection de liquidités de son histoire en mettant 15 000 milliards de yens (131,6 milliards d’euros) sur le marché.
(Avec AFP)



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