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Caritas relève les grands défis de l’aide humanitaire

22/08/2011

En pleine crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique, l’ONU a célébré vendredi 19 août la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Le réseau mondial des Caritas s’y associe par sa mobilisation systématique face aux grandes catastrophes.

crédit : David Snyder/Catholic Relief Services Le barrage construit avec le soutien de Caritas à Kalele, au sud du Kenya, permet d'alimenter toute l'année en eau potable les habitants du lieu. -  JPEG - 139.3 ko
crédit : David Snyder/Catholic Relief Services
Le barrage construit avec le soutien de Caritas à Kalele, au sud du Kenya, permet d’alimenter toute l’année en eau potable les habitants du lieu.

Cette année, l’événement a pour objectif « d’instiller chez chacun l’esprit de l’assistance humanitaire », selon les termes de l’ONU. Il s’agit là de faire face à une certaine lassitude manifestée par le public devant la répétition des drames causés par la sécheresse ou la durée des guerres.

« Il y a eu presque une banalisation de la famine en Somalie, on s’est habitué à voir des images d’enfants qui meurent, d’un pays qui est toujours en crise », a déploré jeudi 18 août Cristina Amaral, directrice des opérations d’urgence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Conséquence, les fonds manquent à l’appel de l’ONU pour lutter contre la famine dans la Corne de l’Afrique.

Principe d’humanité

La banalisation évoquée épargne cependant le Secours Catholique. L’association avait reçu 819 000 € de dons pour la Corne de l’Afrique à la date du 17 août. Sébastien Dechamps, responsable des urgences internationales au Secours Catholique, explique cette générosité par le « principe d’humanité, de fraternité auprès des plus vulnérables », manifesté par les donateurs.

En Somalie aujourd’hui, il s’agit bien de sauver des vies, rappelle Sébastien Dechamps. L’association a déjà versé 225 000 € à ses partenaires somaliens pour leurs interventions d’urgence dans les domaines de la nutrition et de la santé. Ces partenaires travaillent en dehors des camps de déplacés de la famine, là où les grandes organisations onusiennes sont moins présentes.

Risques importants

Ils le font dans les conditions difficiles d’un pays en guerre, précise le responsable des urgences, là où seuls des intervenants expérimentés sont en mesure de « parler avec toutes les parties au conflit, y compris les autorités de fait, en respectant une stricte neutralité ». Cette attitude n’exclut toutefois pas l’existence de risques importants.

Le danger croissant des interventions humanitaires est d’ailleurs un nouveau défi pour les organisations d’aide. Concernant nos compatriotes, le risque est particulièrement présent dans les pays où la France est engagée : Afghanistan, Côte d’Ivoire, Libye, par exemple. Des travailleurs humanitaires du réseau Caritas ont par ailleurs perdu la vie au Sri Lanka ou en RDC (Congo Kinshasa). En Haïti, la violence reste permanente.

Prévenir les crises

Autre défi à relever, la prévention des crises. Une personne sur six dans le monde souffre de faim chronique, rappelle l’ONU. Ces crises pourraient être évitées si les bailleurs de fonds et les intervenants se mobilisaient à temps. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, a préconisé, jeudi 18 août, le creusement de canaux d’irrigation dans les pays de la Corne de l’Afrique, des ouvrages qui n’ont pas un « coût exorbitant », « des petites choses que l’on peut faire », a-t-il souligné.

Caritas : l’urgence et le long terme

À son échelle, le réseau Caritas, dont le Secours Catholique est membre, agit depuis des années pour le développement de la ressource en eau, la nutrition, l’hygiène, la santé, notamment en Éthiopie. Caritas Internationalis, tête du réseau basée à Rome, s’apprête en ce moment à répondre à l’appel d’urgence de Caritas Kenya, 4 millions d’euros pour un programme de six mois portant sur la nourriture, l’eau, l’assainissement, le petit bétail. Un appel de Caritas Éthiopie est également attendu.

La force et le professionnalisme croissant du système humanitaire international ne doivent pas faire oublier que « la plupart des travailleurs humanitaires viennent des pays dans lesquels ils travaillent » et que « les personnes touchées par les catastrophes sont souvent les premières à aider leurs propres communautés », souligne l’ONU.

François Tcherkessoff

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