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De nouvelles crues menacent le sud du Pakistan

24/08/2010

+ Cet article a été publié en août 2010

La basse vallée de l’Indus, autour d’Hyderabad, risque d’être à son tour submergée par la montée des eaux. Des centaines de milliers de personnes sont en cours d’évacuation. L’aide humanitaire parvient avec encore beaucoup de difficultés aux populations sinistrées, dont près de 5 millions sont sans abri.

©FAWAD HUSSEIN/EPA/MAXPPP Une femme abritée dans un camp de tentes à Pannu Aqil, dans la province de Sindh, cherche un médecin pour sa fillette malade. -  JPEG - 71.1 ko
©FAWAD HUSSEIN/EPA/MAXPPP
Une femme abritée dans un camp de tentes à Pannu Aqil, dans la province de Sindh, cherche un médecin pour sa fillette malade.

Les risques de nouvelles crues demeurent très élevés pour les trois prochains jours dans la vallée de l’Indus (sud du Pakistan) près d’un mois après les inondations dévastatrices qui ont fait au moins 4,8 millions de sans-abri.

Mais une fois passé ce risque immédiat, le Pakistan sera toujours confronté à la plus grave crise humanitaire de son histoire en termes de territoire et de population affectés, avec plus d’un cinquième du pays inondé, et désormais plus de 2000 morts, selon les informations de Caritas Pakistan. Plus de 20 millions de personnes en tout sont affectées par les inondations depuis un mois.

Le président Asif Ali Zardari a estimé lundi soir 23 août qu’il faudra « au minimum trois ans » pour alléger les souffrances des Pakistanais et reconstruire les zones dévastées.

Dans le nord et le centre, les régions les plus touchées, les eaux ont commencé à se retirer depuis plusieurs jours et le risque de nouvelles inondations diminue alors que les pluies cessent progressivement.

Hyderarabad, menacée par les crues

Mais les flots de l’Indus continuent de gonfler et l’inquiétude se concentre désormais dans la basse vallée, dans le sud, autour de Hyderabad, sixième ville du Pakistan avec plus de 2,5 millions d’habitants.

« La situation est très critique pour les deux ou trois prochains jours et nous devons surveiller les niveaux de l’eau de très près dans l’embouchure de l’Indus, qui seront exceptionnellement élevés », a déclaré mardi 24 août Jam Saifullah Dharejo, ministre de l’Irrigation de la province du Sind où est située Hyderabad.

Son ministère a déployé des milliers d’ouvriers pour consolider les digues qui protègent les villes le long de l’Indus et ses affluents. « Tout peut arriver »", lâche-t-il cependant.

Ses craintes sont confirmées par le chef du service national de Météorologie Arif Mehmood. « Le niveau de l’Indus sera exceptionnellement élevé au barrage de Kotri », aux portes de Hyderabad, « pendant trois ou quatre jours avant de redescendre », estime-t-il .

« Pour les 15 jours suivants, il n’y aura plus de danger », prévoit le météorologue, assurant que les pluies de fin de mousson s’estompent.

Depuis quatre jours, des centaines de milliers de personnes ont été évacuées des villes et villages dans la basse vallée de l’Indus et les autorités assurent que, pour l’heure, personne n’y a péri noyé malgré des dizaines de villages inondés.

Plusieurs centaines de milliers de personnes évacuées

À quelque 250 km au nord de Hyderabad, une ville d’environ 100 000 habitants, Shahdadkot, ainsi que de nombreux villages alentour, ont été littéralement vidés de leurs habitants.

Autour de Hyderabad, une quarantaine de villages ont également été évacués ces derniers jours avant d’être inondés, selon M. Dharejo qui estimait lundi 23 août à plus de 100 000 le nombre de déplacés.

Dans le nord-ouest et le nord-est, les zones les plus touchées au début des inondations, ainsi que dans le centre, les eaux ont commencé à refluer, laissant des villages dévastés et des champs de boue à perte de vue.

Risque grandissant d’épidémies

En plein ramadan, des millions de Pakistanais survivent péniblement, dans des camps régis par les autorités, l’ONU ou des ONG, pour les plus chanceux, sans toit ou dans des habitats très précaires pour le plus grand nombre, la plupart en manque de nourriture, d’eau potable, de soins et à la merci d’épidémies dont le risque s’accroît.

Le président Zardari estime qu’il faudra « au moins trois ans », pour alléger les souffrances des sinistrés puis reconstruire le pays, mais, a-t-il ajouté, « je pense que le Pakistan ne se remettra jamais complètement » de ce désastre.

(Avec AFP)

Le Secours Catholique poursuit son soutien à Caritas Pakistan, en association avec les autres Caritas.

Pour soutenir ces actions d’urgence en faveur des sinistrés, le Secours Catholique-Caritas France lance un appel aux dons. Pour un don en ligne, cliquez ici : http://donenligne.secours-catholique.org

ou bien écrivez à :
Secours Catholique, BP 455, 75007 Paris
Mention : « Inondations Pakistan »

Voir les photos de Caritas Internationalis : http://www.flickr.com/photos/276738...

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