
- Crédit : E.Perriot
L’excitation est à son comble parmi les personnes sans domicile fixe hébergées à la maison Helder-Camara, centre d’hébergement d’urgence du Secours Catholique à Paris. Samir, Abdellah, Lubobo et les autres s’agitent sur leurs chaises avec impatience. Ils assistent aujourd’hui à l’une des dernières réunions de préparation de leur projet de vacances.
Une dizaine d’entre eux, avec cinq ou six personnes hébergées à la maison Jean-Rodhain, autre accueil parisien du Secours Catholique, partiront en vacances du 31 juillet au 7 août à Hendaye, dans le Sud-Ouest, à la frontière espagnole. « À nous le soleil et la détente ! » se réjouit Samir, qui après un an d’hébergement à la maison Helder-Camara habite désormais en logement temporaire (ALT). Une salariée et un bénévole les accompagneront. « C’est au cours d’une sortie culturelle avec les animatrices de la maison que nous avons eu l’idée de repartir en vacances », poursuit le jeune homme. Repartir ? Le groupe était, en effet, déjà parti en Vendée l’été dernier. Le projet ayant bien fonctionné, ils ont demandé à renouveler l’expérience.
Pour Lubobo qui n’était pas encore hébergé à la maison Helder-Camara l’année dernière, ce sera une première. « J’ai envie de partir découvrir de nouvelles choses », dit-il timidement, tandis que les autres renchérissent sur les bienfaits des vacances. Mais encore plus bénéfique que le fait de partir, la réalisation de ces vacances de A à Z par les personnes hébergées est une occasion parfaite pour leur redonner le goût de faire des projets. « Plutôt que de leur proposer des vacances déjà toutes préparées, nous avons souhaité que ce soit eux qui organisent tout. Cela les responsabilise et leur redonne confiance en eux », commente Laurence Heribel, animatrice à la maison Helder-Camara, qui les accompagnera avec un bénévole et une autre animatrice. Le projet s’élabore depuis le début de l’hiver.
Ambiance.
Cette préparation commençait par l’obtention de financements. Les futurs vacanciers peuvent se féliciter d’avoir récolté 1 200 euros en vendant des gâteaux à la sortie des messes parisiennes. « Nous avons gagné près de la moitié de ce qu’il nous faut pour partir, rien qu’avec les gâteaux », se félicite Abdellah, tandis que les visages autour de lui reflètent une fierté profonde. Et Samir de renchérir : « Il ne faut pas s’arrêter maintenant. J’adore vendre. J’arrive à faire acheter des gâteaux à n’importe qui », proclame-t-il. À cet instant, Laurence demande le silence : « J’ai appris quelque chose d’important hier. Le Secours Catholique nous donne 1 500 euros de chèques vacances ! Ce qui porte notre budget à 2 700 euros ! » À cette nouvelle, toutes les personnes hébergées applaudissent. Mais très vite vient la question délicate de la participation financière des vacanciers. « Nous leur demandons de nous donner une petite participation, ce qui aide également à les responsabiliser », explique Laurence. Or certains, au vu de la somme réunie, voudraient remettre en question cet aspect du projet. Après consultation collective, la participation sera maintenue mais réduite.
Le groupe de vacanciers partira donc avec deux camionnettes du Secours Catholique pour camper dans des bungalows en toile. Des vacances qui s’annoncent bien. « Ça va être l’occasion de recréer une ambiance au sein du groupe, de voir autre chose et surtout d’oublier tous nos soucis, loin de Paris ! » conclut Samir.
Clémence Richard















Laisser un commentaire