
- © Ayman Mose/Landov/Maxppp
- Les manifestants, place Tahrir, au Caire, le 22 novembre.
Les Égyptiens redescendent dans la rue et réclament la démission du Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute d’Hosni Moubarak. Après trois jours de heurts, 26 personnes ont été tuées dans les manifestations et 1 900 blessées, notamment sur la place Tahrir au Caire, épicentre du soulèvement du début de l’année.
Le gouvernement égyptien a, par ailleurs, remis sa démission au CSFA, au troisième jour des affrontements. Les militants semblent déterminés à manifester jusqu’au bout pour pousser le CSFA à remettre le pouvoir à une autorité civile. L’armée s’était engagée à rendre le pouvoir aux civils après une élection présidentielle dont la date exacte n’est toujours pas connue.
« Les Égyptiens veulent une société civile et non pas religieuse ou militaire »
Ces heurts interviennent à quelques jours des élections législatives, qui doivent débuter le 28 novembre et se prolonger jusqu’en janvier. Les Égyptiens seront appelés à voter pour un nouveau parlement, remplaçant celui dissous le 13 février 2011 par le CSFA.
Toutefois,le maintien de la date prévue pour ces élections semble douteux, au vu des événements récents. Par ailleurs, « les Égyptiens ne sont pas familiers d’un processus électoral libre et n’ont pas été suffisamment préparés en vue des élections législatives, ce qui fait craindre une manipulation en la faveur des extrêmes », estime le père Nabil Gabriel, directeur de Caritas Égypte.
Les manifestants, quant à eux, réclament un avancement des élections présidentielles, prévues pour 2013. « Aujourd’hui, la grande crainte de la société est d’aboutir à une assemblée dominée par un caractère religieux, ce qui transformerait la société égyptienne. Les jeunes de la révolution du 25 janvier réclament une société civile et non pas religieuse ou militaire », ajoute le père Nabil Gabriel.
Les chrétiens ne sont pas persécutés mais inquiets quant à l’avenir
Malgré les affrontements, Caritas Égypte poursuit ses actions de terrain sans entraves. « Notre centre de réfugiés au Caire a fermé ses portes par sécurité car il se trouve à Garden City, non loin de la place Tahrir ; mais les autres actions se poursuivent », explique le père Nabil. Selon ce dernier, les chrétiens craignent que le slogan des Frères musulmans, « l’Islam est la solution », ne les défavorise très fortement si ces derniers accèdent au pouvoir.
« L’un des dangers qui menacent le processus de changement en cours concerne le niveau d’inclusion de la diversité, question qui ne regarde pas seulement les chrétiens, estime Paola Pizzo, chercheure à l’université italienne de Chieti. Le niveau du vivre ensemble de l’Égypte sera déterminé par le contenu que l’on donnera à la citoyenneté. »



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