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Élection présidentielle au Sénégal : le retour au calme

29/02/2012

+ Cet article a été publié en février 2012

Le premier tour de l’élection présidentielle au Sénégal s’est déroulé sans incidents majeurs, le 26 février dernier. La mission d’observation de l’Église, soutenue par le Secours Catholique, salue la « très grande maturité » dont a fait preuve le peuple sénégalais.

© Aliou Mbaye/Panapress/Maxppp Quelque 5,3 millions de Sénégalais ont voté, le 26 février, pour élire leur président. -  JPEG - 56.9 ko
© Aliou Mbaye/Panapress/Maxppp
Quelque 5,3 millions de Sénégalais ont voté, le 26 février, pour élire leur président.

Les violences préélectorales qui ont entouré la validation de la candidature à l’élection présidentielle du président sortant, Abdoulaye Wade, et qui ont fait de 6 à 15 morts en un mois au Sénégal, avaient fait craindre une fuite en avant. Toutefois le scrutin du 26 février, qui a réuni quelque 5,3 millions d’électeurs, s’est déroulé dans le calme et sans incidents majeurs, selon les observateurs internationaux et nationaux. L’Église, qui avait missionné 850 observateurs de la Commission Justice et Paix (CJP) et du Mouvement national des Scouts dans 2 771 bureaux de vote, a salué la « très grande maturité » dont a fait preuve le peuple sénégalais. « Les Sénégalais viennent de faire montre, dans des circonstances tout à fait particulières, d’une très grande maturité à la fois citoyenne et politique par ce vote salué par tous comme un grand moment de vie démocratique », a déclaré l’abbé Alphonse Seck, secrétaire exécutif de la CJP.

Les quelques manquements observés « n’entament pas la sincérité du résultat »

La mission d’observation de l’Église a affirmé que le scrutin s’était, dans l’ensemble, bien déroulé et dans des conditions qui rendent « acceptables les résultats sortis des urnes et transmis par les centres de vote. » Elle a toutefois relevé quelques manquements dans le processus électoral, comme le manque de formation de certains membres des bureaux de vote quant à la maîtrise du code électoral et de certaines tâches essentielles à la transparence du scrutin. Les observateurs de l’Église ont également rapporté des cas de déplacements de certains bureaux de vote sans information préalable et de légers retards dans l’ouverture de quelques centres de vote du fait de l’arrivée tardive de ses membres. Mais « cela n’entame pas la sincérité du résultat », assure l’abbé Alphonse Seck. La mission a d’ailleurs salué la bonne organisation et le bon déroulement du scrutin, la synergie dans l’intervention des différents observateurs, la non-violence constatée dans les centres de vote et la transparence du dépouillement. L’abbé Seck a tenu à remercier les observateurs qui selon lui « viennent d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Église catholique du Sénégal dans son engagement pour la promotion de la paix, de la justice et de la bonne gouvernance. »

Un probable second tour

Au 29 février, les résultats officiels n’avaient pas encore été prononcés. Toutefois, d’après les résultats provisoires, le président sortant, Abdoulaye Wade, arrive en tête avec environ 35 % des voix, contre 26,2 % pour Macky Sall, ancien ministre de M. Wade devenu son opposant. Un second tour devrait s’imposer, contrairement à ce qu’avait prévu le président sortant, persuadé qu’il sortirait vainqueur dès le premier tour de l’élection. Abdoulaye Wade ne dispose guère de réserve de voix, hormis celles puisées dans les quelque 40 % d’abstentionnistes du premier tour ou venant d’hypothétiques ralliements. De son côté, Macky Sall pourra, théoriquement, compter sur les reports de voix de la plupart des autres candidats, membres comme lui du Mouvement du 23 juin, coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile qui se sont opposés à la candidature de M. Wade.

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