
- © David Métra/SC
La question a d’abord été évoquée le 14 décembre lors de la table ronde de la commission des affaires sociales sur l’insertion par l’activité économique (IAE), puis le lendemain, lors de la présentation du rapport sur la performance des politiques sociales en Europe.
Précarité
Martine Carrillon-Couvreur (Divers gauche) s’est montrée préoccupée de la précarité des emplois d’insertion et de la place faite aux personnes handicapées dans ces emplois.
Retour au chômage
Martine Billard (Gauche démocrate et républicaine) s’est, elle, inquiétée du raccourcissement par l’État de la durée des contrats aidés. Invité par la commission des affaires sociales, Pascal Duprez, de la Fnars (fédération d’associations d’accueil et de réinsertion sociale, dont le Secours Catholique) précisait que les durées de contrats ne dépassant pas six mois conduisent leurs bénéficiaires au retour au chômage.
Expérimentation au Secours Catholique
Vincent Godebout, responsable de l’insertion par l’activité économique au Secours Catholique, fait toutefois état d’une expérimentation de parcours d’insertion à « durée adaptée » (jusqu’à cinq ans), dans la région Rhône-Alpes.
Salaires inférieurs au seuil de pauvreté
Alexandre Bonjour, de la fédération Coorace d’entreprises de l’économie sociale et solidaire, soulignait pour sa part que les salaires attribués à ces temps partiels sont inférieurs au seuil de pauvreté.
Accompagnement insuffisant
Le lendemain 15 décembre, Michel Heinrich, député UMP des Vosges et rapporteur de l’étude sur « la performance des politiques sociales en Europe », mettait le doigt sur l’absence d’accompagnement des détenteurs de contrats aidés en fin de contrat et l’instabilité des politiques présidant à ces contrats.
Le Secours Catholique tente, à son niveau, de remédier à cela par un accompagnement bénévole, à Bordeaux, de personnes accédant à l’entreprise, au terme de leur contrat aidé.
100 000 contrats pour les chantiers et ateliers d’insertion
Intervenant en contrepoint lors de la table ronde du 14, Gabrielle Hoppé, du ministère du Travail, mettait dans la balance les 100 000 contrats aidés réservés par l’État aux chantiers et ateliers d’insertion et les 200 millions d’euros dédiés à l’IAE, tout en concédant des « contraintes » à surmonter dans la finalité du retour à l’emploi.
Progrès attendus
Pierre Méhaignerie, président (UMP) de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, soulignait la nécessité de progrès importants dans l’insertion par l’activité économique, qui draine une grande partie des contrats aidés.
Compte tenu de la complexité du sujet, de la dispersion des autorités qui en sont responsables, et de l’« empilement des dispositifs et des contrats pas forcément adaptés aux besoins des personnes », selon les termes de Mme Carrillon-Couvreur, M. Méhaignerie attend aussi des éclaircissements de la Cour des comptes, qui a mis le sujet à l’étude.
François Tcherkessoff



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