
- © PhotoPQR/Le Midi Libre/Jean-Michel Mart/Maxppp
- Manifestation contre le refus de la direction d’un hypermarché de Montpellier d’augmenter les salaires.
Le niveau de vie moyen des 10 % des Français les plus riches (61 000 € annuels) était sept fois plus élevé en 2008 que celui des 10 % les plus pauvres (8 700 € annuels). Par ailleurs, la part des hauts revenus dans l’ensemble des revenus est restée relativement stable en quinze ans, entre 1990 et 2006, passant de 8,2 % à 8,9 %, observe l’OCDE.
Pourcentages à comparer avec le doublement des hauts revenus dans les pays anglophones et une part de 18 %, par exemple, aux États-Unis.
Redistribution française efficace
La redistribution française par les prestations sociales et les impôts reste efficace aux yeux de l’OCDE, réduisant les inégalités de revenus de plus de 30 %, contre 25 % en moyenne dans les autres pays de l’organisation.
Mais baisse de la part des salaires
Il n’en demeure pas moins que la France a connu « une baisse dans le temps de la part des salaires dans la satisfaction des besoins essentiels des familles » et qu’une meilleure répartition de la richesse produite en faveur des salaires est nécessaire. C’est ce qu’affirmait Bernard Schricke, au Secours Catholique, à propos de l’édition 2011 de France, portrait social par l’Insee.
Travail des femmes
La relative modération des écarts de revenus français s’explique aussi par le travail des femmes. Le taux d’emploi féminin a augmenté d’un cinquième en France depuis vingt ans, contrebalançant « l’impact de l’écart grandissant des salaires des hommes », note l’OCDE.
Décrochage des prestations sociales
Pour autant, l’organisation internationale repère, tout comme Étienne Pinte et Jérôme Vignon dans leur rapport sur la pauvreté, le décrochage des prestations sociales par rapport aux salaires et cela depuis vingt ans. D’où « un système de prestations et impôts devenu moins efficace dans la stabilisation de l’inégalité », constate l’OCDE.
Par ailleurs, les revenus du capital augmentent et les inégalités avec eux. La part du capital dans le revenu total a doublé en trente-cinq ans.
Défi de l’emploi, services publics
Les remèdes proposés par l’organisation de coopération économique pour l’ensemble de ses membres paraissent aussi valables pour la France :
• « Défi » de l’emploi « consistant à créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, offrant de bonnes perspectives de carrière et des chances d’échapper à la pauvreté ».
• Investissement dans le « capital humain » grâce à l’école puis à la formation professionnelle tout au long de la vie. Travailleurs et employeurs doivent être incités à s’y investir.
• Services publics gratuits de qualité : éducation, santé notamment. En France, l’OCDE estime leur valeur à 6 600 € par an et par personne. Ils réduisent « efficacement les inégalités d’un cinquième », calcule l’organisation.
• Les mieux rémunérés enfin « ont aujourd’hui une plus grande capacité de contribution fiscale ». Ces « nantis » doivent donc « supporter le fardeau fiscal de manière équitable », recommande l’OCDE.
François Tcherkessoff



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