
- ©FAWAD HUSSEIN/EPA/MAXPPP
À l’issue d’une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, a déclaré à la presse qu’il rentrait à Islamabad, « rassuré sur le fait que la communauté internationale est aux côtés du Pakistan ».
Il s’est dit confiant dans le fait que l’appel de fonds d’urgence de 460 millions de dollars (360 millions d’euros) lancé par l’ONU le 11 août et financé à ce jour à 54,5% serait « facilement honoré » après les engagements pris jeudi.
Crainte de la montée des extrémistes
En séance, M. Qureshi a appelé les États à se mobiliser pour son pays, au nom des principes humanitaires mais aussi pour éviter qu’extrémistes et terroristes ne profitent de la situation.
« Il faut faire face d’urgence aux énormes bouleversements causés par les inondations et aux pertes économiques subies par des millions » de personnes, a-t-il dit.
« Si nous échouons, cela pourrait remettre en question les difficiles progrès accomplis par notre gouvernement dans notre guerre contre le terrorisme. Nous ne pouvons pas permettre que cette catastrophe profite aux terroristes », a-t-il ajouté.
M. Qureshi a estimé les pertes matérielles subies par son pays à plus de 43 milliards de dollars (33,6 milliards d’euros), avertissant que les dégâts allaient probablement s’aggraver avant que les eaux ne se retirent.
Le désastre a déjà tué plus de 1500 personnes et en affecte au moins 20 millions au total.
M. Qureshi a affirmé que les autorités pakistanaises avaient décidé de créer « une entité indépendante pour mobiliser le maximum de ressources nationales, mais aussi pour assurer que leur utilisation soit efficace et transparente ».
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que le désastre constituait « un test majeur de la solidarité internationale », appelant les États à agir d’urgence. Il avait survolé les zones sinistrées dimanche dernier.
La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a annoncé que Washington augmentait son aide à 150 millions de dollars (117,4 millions d’euros), contre 90 millions précédemment.
L’aide de l’Union européenne à moins de 110 millions d’euros
La Grande-Bretagne a annoncé le doublement de son aide, ajoutant 33 millions de livres (40 millions d’euros) aux 31 millions déjà alloués au Pakistan.
Son représentant Andrew Mitchell, secrétaire d’État au développement, a qualifié de déprimant le fait que selon lui, « la communauté internationale ne s’aperçoive que maintenant de la dimension du désastre ». Il a appelé les pays riches, notamment ceux du G8, à accroître largement leur effort.
L’Allemagne a pour sa part annoncé qu’elle débloquerait 32 millions de dollars (25 millions d’euros) pour le Pakistan, en plus de 18 millions de dollars déjà engagés dans le cadre de l’Union européenne.
Parlant au nom de l’UE, le ministre belge des affaires étrangères, Steven Vanackere, a indiqué que l’aide des "27", initialement de 110 millions de dollars, passait à 140 millions (109,6 millions d’euros).
La réunion à l’ONU se tenait alors que la fourniture de l’aide internationale est critiquée pour sa lenteur.
Le Japon a annoncé jeudi l’envoi de six hélicoptères militaires pour participer aux efforts de secours. L’Arabie saoudite a fait don de 106,7 millions de dollars (83,5 millions d’euros), selon la presse saoudienne. La France a envoyé au Pakistan un avion chargé de 70 tonnes d’aide humanitaire.
La Banque asiatique de développement (BAD) a annoncé qu’elle allait débloquer 2 milliards de dollars pour le Pakistan (1,56 milliard d’euros). Lundi, la Banque mondiale s’est s’engagée à lui prêter 900 millions de dollars (705 millions d’euros).
Levée en fin de journée, la séance devait se terminer vendredi, seulement un tiers des quelque 60 États inscrits ayant pu s’exprimer.
Entre 15 et 20 millions de personnes en attente d’aide humanitaire
Près de 4,6 millions de Pakistanais sont sans abri après les inondations qui ont ravagé une partie du pays depuis un mois
Au moins six des 15 à 20 millions de victimes de la pire catastrophe naturelle de l’histoire du Pakistan continuent de dépendre de l’aide humanitaire, faute de nourriture, d’eau potable et d’abri près des zones sinistrées.
Nombre d’entre eux restent livrés à eux-mêmes dans des camps de fortune ou le long des routes, à la merci des épidémies de diarrhées, de choléra ou de typhoïde redoutées par les agences humanitaires.
Le pape Benoît XVI a souhaité mercredi 18 août que la communauté internationale apporte un « soutien concret » au Pakistan, dévasté par des inondations, et exprimé sa « solidarité spirituelle à tous ceux qui souffrent à cause de cette catastrophe ».
« Mes pensées vont en ce moment aux chères populations du Pakistan, frappées récemment par de graves inondations qui ont fait de nombreuses victimes et laissé beaucoup de familles sans abri », a déclaré le pape au cours de son audience générale hebdomadaire à Castel Gandolfo, sa résidence estivale près de Rome.
« Tandis que je confie à la bonté miséricordieuse de Dieu ceux qui ont tragiquement disparu, j’exprime ma solidarité spirituelle à leurs proches et à tous ceux qui souffrent à cause de cette calamité », a-t-il ajouté.
« Il ne faut pas que manquent à nos frères, aussi durement éprouvés, notre solidarité et le soutien concret de la communauté internationale ! » a-t-il lancé.
Le Secours Catholique poursuit son soutien à Caritas Pakistan, en association avec les autres Caritas.
Voir les photos : http://www.flickr.com/photos/276738...
(Avec AFP)
Pour soutenir ces actions d’urgence en faveur des sinistrés, le Secours Catholique-Caritas France lance un appel aux dons. Pour un don en ligne, cliquez ici : http://donenligne.secours-catholiqu...
ou bien écrivez à :
Secours Catholique, BP 455, 75007 Paris
Mention : « Inondations Pakistan »



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