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- L’agriculture est grande pourvoyeuse de jobs d’été
Ils seront bientôt plus d’un million de jeunes à exercer un job d’été dans les stations balnéaires ou en ville. Une majorité d’entre eux sont en situation précaire et travailleront cet été pour vivre le reste de l’année. Alors qu’il y a seulement trois ans, leur principale motivation était l’argent de poche.
Cette évolution notable est repérée par la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) dans son enquête de 2010 sur les conditions de travail des jeunes de 15 à 30 ans en job d’été.
Pas de contrat de travail
Plusieurs phénomènes se sont aggravés par rapport à la précédente enquête, remontant à 2007. 16% des saisonniers n’ont pas de contrat de travail alors que celui-ci est obligatoire. Ils étaient 14% en 2007. Cette situation touche principalement les moins de 18 ans.
« Ces jeunes souvent très isolés ne sont pas au courant qu’ils doivent avoir un contrat de travail ni que leurs heures supplémentaires doivent être payées ou qu’ils ont droit à un jour de repos au minimum par semaine », commente Stéphane Haar, président de la JOC.
Jacques Lepage, chargé des questions d’emploi au Secours Catholique, souligne combien il est important que les jeunes ne restent pas isolés et approuve les occasions de rencontres et d’échanges qui leur sont proposées face à « la pression des employeurs, aux horaires sans limites et aux conditions de travail opaques ».
A La Baule, des jours de repos sautent
C’est ainsi que 20% des saisonniers ne sont pas payés pour leurs heures supplémentaires ou ne les récupèrent pas, situation fréquente dans l’hôtellerie-restauration. Dans un grand restaurant de La Baule « heures supplémentaires et jours de repos sautent systématiquement », rapporte Florian Meyer, de la JOC. « Mais il est difficile de faire cesser de telles pratiques car même si un jeune obtient réparation auprès du tribunal de Prud’hommes avec notre soutien et celui des syndicats, d’autres ne le font pas et la pratique illégale reste globalement « rentable » pour l’employeur », précise Stéphane Haar.
Le droit du travail dès le lycée
C’est pourquoi l’association demande que soient augmentés les moyens de l’inspection du travail en été, que soient multipliées les maisons de saisonniers où ceux-ci peuvent s’informer sur leurs droits, et que soit enseigné le droit du travail dès le lycée.
Malgré tous les écarts relevés par la JOC, 58% des jeunes interrogés se disent paradoxalement satisfaits de leur emploi alors qu’ils n’étaient que 51% dans ce cas en 2007. Pour le président de la JOC, ce résultat doit être relativisé par la méconnaissance de leurs droits par les jeunes. Dans ces conditions, « beaucoup n’ont pas conscience de se faire avoir », remarque Stéphane Haar.
A Paris, un jeune vendeur de glaces était employé au noir et n’aurait pas été payé si la JOC et les syndicats ne l’avaient pas accompagné avec succès au tribunal de Prud’hommes. Les juges ont été convaincus par les témoignages de clients du jeune homme !
Employeurs « vertueux »
« Une des pires conséquences de ces pratiques inacceptables est que celles-ci finissent par être ancrées dans l’esprit des jeunes comme des conditions normales pour leur vie professionnelle future », s’inquiète le président de l’association. Il y a aussi des employeurs « vertueux », reconnaît-il. L’année dernière, à La Baule, plusieurs employeurs sont même venus se renseigner sur leurs obligations à la permanence de la JOC. Pour l’essentiel, c’étaient des petits commerçants qui recrutent seulement pendant l’été.
Pour faire découvrir leurs droits aux jeunes et les soutenir dans leurs difficultés, la JOC installe cet été des permanences à Cabourg, La Baule, l’Ile de Ré, Les Sables d’Olonne, Lourdes et Paris. Là ou il n’y a pas de permanence, les jeunes travailleurs peuvent s’adresser aux unions locales ou départementales des syndicats.
Toutes les informations pour les saisonniers sont disponibles sur le site Internet de la JOC : http://vacances.joc.asso.fr
François Tcherkessoff



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