
- ©Mufeed Abu Hasnah \ apaimages/MAXPPP
- Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontrait le 31 août dernier le rabbin Menachen Furman, militant israélien de la paix.
La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine lance une campagne pour appuyer la demande de reconnaissance de l’État palestinien comme membre de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Un vote doit avoir lieu à l’ONU entre le 14 et le 17 septembre prochains, lors de la prochaine assemblée générale de l’organisation internationale.
Une pétition, un appel destiné aux parlementaires dans leurs circonscriptions et un argumentaire sont d’ores et déjà disponibles sur le site de la Plateforme : www.plateforme-palestine.org
Constatant qu’Israël poursuit inlassablement la colonisation et le blocus des territoires palestiniens, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, présente une demande officielle d’adhésion à l’ONU. Cette demande englobe l’ensemble Cisjordanie, Bande de Gaza, Jérusalem-Est. Jérusalem-Est deviendrait la capitale de l’État palestinien.
La France sur le point de reconnaître l’État palestinien
Le projet se heurte à l’opposition d’Israël soutenu par les États-Unis. Washington pourrait opposer son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, interdisant de facto à la Palestine de devenir membre à part entière. La Chine (membre permanent), voterait en revanche pour, et la France (également membre permanent) serait sur le point de reconnaître l’État palestinien. Cette décision pourrait être annoncée aujourd’hui à l’occasion de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne en Pologne les 2 et 3 septembre.
L’« Option Vatican »
Un seul veto au Conseil de sécurité empêcherait la Palestine de devenir membre à part entière. Une seconde option est ouverte, à travers un vote à la majorité de l’Assemblée générale des Nations Unies et là, l’Autorité palestinienne a de fortes chances de l’emporter. L’État palestinien obtiendrait alors le statut d’État non membre. C’est, dans le langage des diplomates, l’« option Vatican », du nom de l’État du Saint-Siège, seul État non membre présent à l’ONU.
Avec un tel statut, la Palestine « sera un État occupé par un État membre de l’ONU [Israël] […] et le Premier ministre Benjamin Netanyahou ne pourra plus maintenir le statu quo », a déclaré au Monde daté du 1er septembre Saeb Erekat, membre du comité exécutif de l’OLP, également cité par la Plateforme des ONG pour la Palestine.
Par ailleurs le statut d’État non membre permettrait à la Palestine d’adhérer à la Cour internationale de justice et à la Cour pénale internationale, où elle pourrait « faire valoir les droits de son peuple », selon Monique Chemillier-Gendreau, professeur de droit public.
Israël « imposera son autorité »
Un ministre israélien a déclaré qu’en cas de demande d’adhésion, Israël devrait « imposer [son] autorité sur la vallée du Jourdain et les grands blocs d’implantation » [colonies israéliennes en Palestine, ndlr]. Le ministre des Finances israélien considère de son côté que la demande d’adhésion « unilatérale » des Palestiniens constitue une violation de leurs accords avec Israël.
Blocus terrestre et maritime
Le processus de reconnaissance de la Palestine par les Nations Unies s’accélère sous la poussée des Printemps arabes. Il soulève un immense espoir pour la population palestinienne, qui vit au quotidien le blocus terrestre et maritime imposé par Israël. À Gaza, les produits frais qui passent par Israël « pourrissent au soleil » à cause des délais d’attente imposés par l’armée israélienne, témoigne Bernard Flichy, bénévole au Secours Catholique.
« Deux États souverains dans la paix et la prospérité »
La superficie de la Bande de Gaza est diminuée de 17% par les zones de sécurité imposées par Israël et 35% de ses terres agricoles se trouvent en zone interdite ou à haut risque, poursuit Bernard Flichy. La densité de la population atteint environ 5 300 habitants au km2 (France : 114,4). La pauvreté, l’entassement dans des logements insalubres, la salinisation de l’eau surexploitée de la nappe phréatique, la pollution de la mer par les eaux usées, constituent le lot quotidien des 1,6 millions d’habitants de Gaza.
L’israélien Avraham Burg, membre d’une organisation pacifiste cité par Le Monde (daté du 1er juillet 2011) et la Plateforme Palestine, considère que seule la création d’un État palestinien « nous [rapprochera] de ce jour où deux États souverains se partageront dans la paix et la prospérité cette étroite bande de terre entre Jourdain et Méditerranée ».
François Tcherkessoff



Laisser un commentaire