
- ©PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/BRUNO CAMPELS/MAXPPP
Les jeunes de moins de 25 ans qui travaillent toucheront, sous condition, le Revenu de solidarité active (RSA) à partir de début octobre, a indiqué mercredi 25 août le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse.
Le RSA comporte deux volets : le RSA "socle", qui n’a fait que remplacer automatiquement le RMI, et le RSA "complément d’activité", qui apporte un complément de revenus aux personnes qui ont de petits salaires.
Jusqu’ici, comme le RMI, il n’était ouvert qu’aux plus de 25 ans.
À partir du 1er septembre, il sera ouvert aux jeunes qui auront travaillé au moins deux ans au cours des trois dernières années. Ils devront déposer un dossier à leur caisse d’allocations familiales.
Ainsi, « un jeune qui perçoit 500 euros de revenu d’activité par mois recevra 215 euros de RSA », a précisé le ministre.
Le décret sur l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans sera publié jeudi 26 août.
Une campagne de communication à 500 000 euros
Le gouvernement a prévu « une campagne d’information ciblée » via des affichettes dans les agences Pôle Emploi ou les Missions locales et via la radio et internet. Elle coûtera "« un petit peu moins de 500 000 euros »", selon Marc-Philippe Daubresse. Le ministre a reconnu cependant qu’il pourrait être difficile pour les jeunes de rassembler tous les justificatifs de leurs différents emplois passés.
Alors que l’Élysée avait prévu que ce dispositif pourrait concerner 160 000 jeunes, M. Daubresse s’est de nouveau montré sceptique.
« Je récuse cette idée qui consiste à annoncer des faux objectifs qui ne sont pas atteignables », a-t-il affirmé, ajoutant que ce n’était « pas un chiffre cible ».
D’autres annonces fin septembre
M. Daubresse a aussi indiqué qu’il annoncerait d’autres « réponses pour les jeunes » fin septembre.
Les réactions sur l’extension du RSA aux jeunes sont plus que réservées. Selon Julien Bayou, conseiller régional d’Ile-de-France (Europe Écologie) et fondateur de Génération précaire, le RSA étendu aux moins de 25 ans « exclut énormément de jeunes ». Il encourage les jeunes à saisir le tribunal administratif pour violation de l’égalité des citoyens devant la loi.
Pour la CGT, le RSA "jeunes" est une preuve de « mépris » envers la jeunesse tant son montant est peu élevé. De son côté, FO dénonce une « mesure inadaptée » et « insuffisante ».
Scepticisme du Secours Catholique
Au Secours Catholique, on reste sceptique sur l’arrivée du RSA pour les jeunes. « Cette mesure risque de ne concerner que bien peu de jeunes accueillis par le Secours Catholique. Peu ont accès au travail et ils auront donc du mal à atteindre les 3200 heures en 36 mois ; c’est-à-dire avoir travaillé à temps plein deux ans sur trois. Cette mesure, annoncée il y a 11 mois, va surtout rendre un peu plus solvables les jeunes qui sont dans l’emploi. Seul un quart des jeunes concernés, soit environ 40 000 dans les prévisions, sont censés remplir les conditions », regrette Bernard Schricke, directeur de l’Action France au Secours Catholique
« Sur le financement de la mesure, Martin Hirsh, il y a quelques mois, pensait s’appuyer sur le fait que le RSA n’ait pas rencontré totalement son public, ce qui a entrainé des économies budgétaires. Ces économies devraient permettre de financer une mesure ouverte aux 18-25 ans. Cela nous inquiète sur la volonté réelle du gouvernement de favoriser l’accès au RSA de tous ceux qui sont concernés », constate quant à lui Jacques Lepage, spécialiste de la question au SC.
L’association souligne en outre que si le Livre Vert sur la jeunesse, rendu public il y a un an, prévoyait de nombreuses mesures pour rendre solvables les jeunes et permettre leur autonomie, seules celles concernant le RSA, le service civique et l’accès à une couverture santé complémentaire, sont mises en œuvre à ce jour.
Pas d’accompagnement prévu
De nombreuse questions restent en suspens. « Dans le décret, on parle de l’allocation, pas de l’accompagnement qui est un élément important du dispositif RSA . Qui sont ou seront les acteurs ? Les missions locales, qualifiées pour le faire, mais avec quels moyens ? Pôle emploi, quels moyens supplémentaire, adaptés a cette tranche d’âge ?, s’interroge encore Jacques Lepage. »
« De mars 2008 à mars 2010 le chômage des jeunes a cru de près de 40 %. Ce sont les première victimes de la crise », reprend Bernard Schricke.
Selon les chiffres officiels, en 2009 il y avait 770 000 jeunes de 16 à 25 ans au chômage. Parmi eux, seuls 120 000 sont considérés comme non qualifiés. Ce qui veut dire que les 650 000 restant, pourtant qualifiés, n’arrivent pas à trouver d’emploi.
(Avec AFP)



Commentaires
Masquer les commentaires