
- ©PHOTOPQR/NICE MATIN/Franz CHAVAROCHE
- La plaine de Fréjus et de St Aygulf sous les eaux le 6 novembre dernier.
« Les équipes étaient en alerte. Nous n’attendions plus que l’autorisation de circuler des pouvoirs publics ». Serge Nogatchewsky, responsable au Secours Catholique des urgences en France, suit depuis Paris l’évolution de la situation dans le sud où une centaine de bénévoles sont sur le terrain pour assister les personnes touchées par les crues de rivières, tandis que la pluie continuait mercredi matin de tomber sur le Var.
Caves et garages inondés
Dans l’Hérault et dans le Gard, les bénévoles sont sur le pied de guerre, même si pour l’instant les dégâts sont minimes et les besoins d’urgence peu importants. Dans les Alpes-Maritimes, ce sont l’ouest et le nord-ouest de la région cannoise qui ont été touchés, avec des caves et des garages inondés. Dans le village d’Auribeau, la Siagne a débordé. Plusieurs dizaines de familles ont préventivement été évacuées. Les bénévoles du Secours Catholique ont épaulé les équipes municipales pour installer des lits de camp, procurer des vêtements secs et réconforter les personnes invitées à quitter leurs maisons.
Deux litres d’eau minérale par personne
En Haute-Corse, plusieurs milliers de foyers étaient sans électricité samedi 5 novembre. Mardi 8 novembre, 1200 foyers en étaient toujours privés. Depuis samedi, la ville de Corte était privée d’eau. Les pompiers ont ravitaillé la population à raison de deux litres d’eau minérale embouteillée par personne jusqu’à lundi après-midi. A Bastia, les tunnels ont été submergés et les routes, principales ou secondaires, ont vite été obstruées par les gravats.
Déterminer les dégâts et les besoins
Mais c’est certainement dans le Var que les intempéries ont été les plus dévastatrices et qu’elles continuent à faire peser des risques sur la population. Le préfet du Var ordonnait mardi matin d’évacuer plusieurs centaines de personnes d’un quartier de Fréjus menacé par la remontée du Reyran. Toute la zone commerciale de Fréjus, déjà sous les eaux l’an dernier, est à nouveau frappée, touchant de nombreuses petites entreprises. La délégation varoise du Secours Catholique a mis en place dès le week-end des relais téléphoniques entre les bénévoles pour déterminer les dégâts et les besoins.
Les sinistrés, souvent les mêmes que l’an dernier
Avec quatre morts et une personne disparue, ces intempéries rappellent les tragiques scènes de juin 2010, quand l’Argens, la Narturby et d’autres cours varois au débit habituellement modeste étaient sortis de leurs lits. En lien direct avec Jean Desbois, délégué régional de l’ « Espace Méditerranée », et les délégués départementaux, Serge Nogatchewsky fait régulièrement le point des zones touchées ; il note que « très souvent les sinistrés sont ceux qui l’ont été l’an dernier ».
Écouter, accompagner, aider
Comme lors des inondations précédentes, des Postes de commandement sur site permettent le déploiement rapide des bénévoles. Des équipes de deux ou trois partent à la rencontre des sinistrés pour proposer leur aide. Parfois, pour nettoyer le rez-de-chaussée des maisons. Souvent, pour accompagner les démarches administratives, notamment auprès des assurances. Toujours, pour être à l’écoute des détresses qui ont besoin d’être dites. Les bénévoles proposeront ensuite une aide matérielle (remplacer en urgence appareils d’électroménager, meubles essentiels tels que lits, tables ou chaises), une aide financière ou un microcrédit pour remplacer les véhicules indispensables pour se rendre au travail.
Sans faire appel aux dons, le Secours Catholique a immédiatement débloqué la somme de 50.000 euros pour venir en aide aux quatre départements concernés par ces inondations.
Jacques Duffaut



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