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- Michel Germaneau, kidnappé au Niger en avril 2010 par Al-Qaida du Maghreb islamique (AQMI)
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a demandé aux Français d’éviter de se rendre au Sahel juste après l’annonce de l’assassinat de Michel Germaneau. Or, la grave crise alimentaire qui sévit dans cette région où alternent depuis deux ans sécheresse et inondations exige de la solidarité internationale une réponse urgente.
Agressions à répétition
Les principales ONG déployées sur ces pays connaissent les tensions qui existent au Niger, au Tchad, au Mali ou en Mauritanie. Elles en tiennent compte. Elles ont cessé leurs activités dans les zones où elles étaient victimes d’agressions et de cambriolages à répétition. Action contre la Faim, par exemple, a fermé il y a trois ans son antenne d’Agadez, au nord du Niger, et l’année dernière celle de Gao, au nord-est du Mali.
Action rétrécie
Depuis, ces humanitaires expatriés circulent en convoi de plusieurs voitures en ayant pris soin, auparavant, de mesurer les risques, de s’informer sur les conditions de sécurité des villages traversés ou visités. Leur action s’en trouve géographiquement rétrécie, au point qu’il est nécessaire parfois d’inviter les populations que ces ONG veulent atteindre pour les aider à venir jusqu’à elles, restées dans les zones moins dangereuses.
Monnaie d’échange lors de kidnappings
À cet effet, le réseau Caritas se singularise. Essentiellement composées de femmes et d’hommes du pays, les Caritas nationales connaissent les terrains sur lesquels elles travaillent, les langues parlées par les populations aidées, les zones dangereuses. Soutenu par l’Église, le maillage de ce personnel local favorise l’échange d’informations fiables et rapides. Moins susceptibles de servir de monnaie d’échange lors de kidnappings, ces personnels locaux réduisent aussi les risques que pourraient encourir, sans eux, leurs collègues des autres Caritas venus sur le terrain estimer les besoins et apporter leur concours.
Un demi-million d’enfants risquent de mourir
Entre l’urgence des besoins des populations et la sécurité des équipes humanitaires, faut-il choisir ? La réponse du Secours Catholique est : non. Nous n’avons pas le choix. Nous soutenons la Caritas Niger, parce qu’actuellement au Niger un demi-million d’enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition aiguë et risquent de mourir. Parce que plus de la moitié de la population nigérienne souffre de la faim et que le programme lancé par la Caritas Niger le 1er mai dernier (en collaboration avec le gouvernement) permettra à des millions de Nigériens de faire face à cette crise.
Appel aux dons
Le Secours Catholique, qui a appelé aux dons pour apporter toute son aide aux Caritas sahéliennes, a déjà versé 110 000 euros à la Caritas nigérienne et 70 000 euros à l’OCADES, la Caritas du Burkina Faso qui non seulement combat la malnutrition infantile provoquée par la sécheresse de cette année, mais vient aussi en aide aux victimes des inondations de l’an passé et de celles des 21 et 22 juillet derniers.
Co-financement avec le ministère des Affaires étrangères
Le Secours catholique vient en outre d’obtenir un co-financement du Ministère des Affaires étrangères pour un montant de 250 000 euros, qu’il complète par un nouvel apport de 150 187 euros. Cet argent est destiné à couvrir des activités de distribution alimentaire, d’argent contre travail, de soutien aux foires aux semences, pour une durée de six mois.



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