
- © Marco Garro/Dpa/Maxppp
- Une mine d’or dans la forêt amazonienne au Pérou. La hausse du cours de l’or amplifie la déforestation avec la multiplication de ce genre d’exploitation minière.
« Le rôle du Centre amazonien d’anthropologie et d’application pratique (CAAAP) est de travailler à ce que les populations indigènes de l’Amazonie péruvienne deviennent des sujets de droits », annonce Norma Vasquez Rubiños, coordinatrice des projets de l’association. Le CAAAP est une organisation partenaire du Secours Catholique au Pérou qui prend la défense des populations de la forêt amazonienne opprimées par les puissants intérêts économiques autour de l’exploitation des ressources naturelles de leur lieu de vie. Ces communautés, qui représentent 2,3 % de la population au Pérou, sont très largement discriminées, notamment par l’État péruvien.
L’exploitation des ressources naturelles au détriment des populations locales
« L’un des principaux problèmes de l’Amazonie est la déforestation. Celle-ci est à l’origine du changement climatique, qui a des conséquences dramatiques sur les populations, en terme de sécheresse », explique Ada Chuecas, directrice du CAAAP. Toutefois l’Amazonie n’attire pas seulement pour son bois précieux mais aussi pour ses terres riches en ressources naturelles (hydrocarbures dont du pétrole, hydroélectricité, etc.). « 82 % du territoire de l’Amazonie péruvienne (qui représente 63 % du territoire péruvien) a été concédé à des entreprises extractives pendant la présidence d’Alan García, l’ancien président. Il y a un réel manque de sécurité juridique des territoires indigènes. Par ailleurs, la population locale n’est jamais consultée lorsqu’il s’agit de mettre en place un projet, que ce soit un barrage hydraulique ou encore une industrie minière ou pétrolière », explique Ada Chuecas. Grâce à son plaidoyer national et international, le CAAAP a déjà réussi à mettre un terme au projet hydroélectrique Paquitzapango. Par ailleurs, le parlement a voté en août dernier une loi qui oblige l’État péruvien à consulter les communautés indigènes sur les projets de concessions minières. Une grande victoire pour le CAAAP.
Le CAAAP, défenseur des droits des indigènes
Le CAAAP constate également que l’implantation de tels projets a des conséquences dramatiques sur l’environnement, avec la population de zones naturelles protégées, mais aussi sur la santé des communautés indigènes. « Nous avons découvert que certaines populations amazoniennes avaient du plomb ou encore du mercure dans le sang, à cause des fleuves qui sont pollués par ces projets d’exploitation », raconte Ada Chuecas. Le CAAAP accorde donc une attention particulière au suivi du respect des droits des communautés indigènes. Dans ce cadre, l’association élabore des rapports alternatifs aux rapports officiels afin que les vraies informations soient accessibles au grand public. Par ailleurs, le CAAAP forme les jeunes et les femmes des communautés indigènes à la citoyenneté et à la démocratie afin de leur permettre de peser sur l’agenda politique. Enfin, le CAAAP promeut l’interculturalisme de ces populations et travaille sur la question de l’aménagement des territoires indigènes en Amazonie.
« Le développement de l’Amazonie doit se faire à travers la consultation des populations locales, la répartition des bénéfices et la non-pollution des fleuves », affirme Mgr Gerardo Zerdin, évêque de Ramón, une région au cœur de l’Amazonie où deux projets de barrage hydrauliques menacent les populations.



Laisser un commentaire