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- Le mur des Réformateurs, avec Jean Calvin, à Genève.
En s’appuyant sur leurs 900 000 fidèles en France et plusieurs centaines de millions dans le monde, les protestants demandent à leur tour aux chefs d’État du G20 d’assurer la transparence des versements financiers des industries extractives et d’améliorer la lutte contre les paradis fiscaux.
Ressources masquées
Les clauses secrètes de non-publication des versements des sociétés pétrolières aux États servent à masquer des ressources considérables qui sont détournées par les dirigeants aux dépens de leur population, explique le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, lors d’une conférence de presse le 29 septembre.
Quant aux paradis fiscaux comme les Iles Caïman ou la City de Londres, ils peuvent abriter tout ou partie de ces fonds publics tout comme le produit de la fraude fiscale, privant indirectement les pays de ressources financières importantes pour leur développement.
Concernant la transparence, les protestants se font très précis, demandant par exemple que chaque entreprise multinationale déclare dans chaque pays où elle opère les détails de ses dépenses fiscales tels qu’indiqués dans ses comptes, les salaires qu’elle verse, le nombre de ses employés, ses bénéfices avant impôts, etc.
« Indice de secret financier »
Une liste exhaustive des paradis fiscaux devrait être publiée, « avec une différenciation en fonction de leur degré de nocivité », proposent les protestants. Cette nocivité serait mesurée à l’aune du secret bancaire. L’« indice de secret financier » et son test d’opacité établis par le réseau Tax Justice Network pourraient servir de référence, indique l’organisation internationale protestante Défi Michée (du nom du prophète Michée) dans son plaidoyer pour la transparence financière.
Les responsables protestants « réveilleront » leurs fidèles sur ces questions à l’occasion de deux cultes spéciaux : le 16 octobre dans leurs églises en France et le 30 octobre à Valbonne (près de Cannes) avec un moment symbolique spécialement tourné vers le prochain G20 et « appelant à des mesures fortes dans le lutte contre la corruption ».
Les campagnes ainsi lancées seront portées par les fidèles auprès des élus locaux (choisir des partenaires économiques qui « n’ont rien à cacher dans les paradis fiscaux »), des gouvernements étrangers et des ambassades de France, notamment dans les pays d’extraction pétrolière.
Justice fiscale
Thierry Le Gall, du Conseil national des évangéliques de France, se veut encourageant face aux obstacles rencontrés dans la lutte contre les puissances responsables des grands détournements financiers. « Mettre en lumière les paradis fiscaux et les organisations financières qui travaillent dans l’ombre » est déjà une façon de les combattre, pense-t-il.
Le combat pour la justice fiscale, objectif à long terme de la campagne protestante, est partagé par le Secours Catholique. Dans cette quête, l’association de la rue du Bac s’associe aux organisations protestantes au sein des collectifs associatifs Coordination Sud et Action mondiale contre la pauvreté. Le Secours Catholique mène par ailleurs et collectivement une action forte de plaidoyer contre les paradis fiscaux.
« Avec la Cimade et l’Entraide protestante, nous avons beaucoup de sujets communs. La communauté protestante est très sensible au service du Frère et de la justice », constate Jo Rival, aumônier général du Secours Catholique. « Le chemin œcuménique avec eux prend tout son sens et d’ailleurs ils sont partenaires de notre démarche Diaconia. Pour ce qui concerne la diaconie, ils sont même en avance sur nous autres catholiques, car il est dans la tradition protestante de risquer la parole de l’Évangile au contact du monde. »
François Tcherkessoff



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