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Mali : un scrutin sans incidents

29/07/2013

Les Maliens se sont massivement mobilisés dimanche 28 juillet pour tourner la page de dix-huit mois de crise politico-militaire. Le scrutin s’est déroulé sans incident majeur, comme l’ont constaté les observateurs de Caritas Mali.

© Thomas Martinez/Epa/Maxppp Dimanche 28 juillet, de milliers de Maliens ont voté pour le premier tour de l'élection présidentielle, sous le regard d'observateurs de Caritas Mali. -  JPEG - 1.5 Mo
© Thomas Martinez/Epa/Maxppp
Dimanche 28 juillet, de milliers de Maliens ont voté pour le premier tour de l’élection présidentielle, sous le regard d’observateurs de Caritas Mali.

Les terroristes du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) ont eu beau menacer de frapper le pays, exhortant les électeurs à se « tenir à l’écart des bureaux de vote », les Maliens n’ont pas suivi leur sinistre consigne. Hier, dimanche, la foule des grands jours se pressait à Bamako dans l’espoir de tourner la page de dix-huit mois de crise. « Les rues étaient très animées pour un dimanche, se réjouit le secrétaire général de Caritas Mali, Théodore Togo. Jamais je n’avais vu autant de monde un jour d’élection. »

Dès 8 heures, les électeurs ont pris d’assaut les bureaux de vote de la majeure partie du pays. L’effervescence était palpable, et une certaine désorganisation visible.

Selon les observateurs de Caritas Mali déployés sur le territoire, de nombreux électeurs ont erré longtemps à la recherche de leur bureau de vote. Les numéros gratuits mis en place pour informer les électeurs ont vite été saturés. Certains, de guerre lasse, ont abandonné sans avoir pu glisser de bulletin dans l’urne.

Toutefois, « les manquements notés n’ont pas entaché le déroulement des opérations de vote », a noté la mission d’observation de Caritas Mali. La majorité des électeurs ont pu prendre part à ce scrutin présidentiel d’une importance capitale. Pour de nombreux jeunes qui votaient pour la première fois, l’heure était grave : « Nous devons voter pour contribuer à l’enracinement de la démocratie dans notre pays », explique Djabi, étudiant en anglais et en arabe.

Menaces de représailles

Le scrutin s’est déroulé sous haute surveillance : d’importantes forces de sécurité étaient déployées dans les centres de vote et plus de 4 000 observateurs – un nombre record – ont suivi le déroulement du scrutin.

La situation au nord du pays, tombé aux mains des islamistes avant d’être libéré par les militaires de l’opération Serval, était particulièrement scrutée. À Gao et Tombouctou, le scrutin s’est déroulé dans la sérénité.

En revanche à Kidal, fief des Touaregs, le climat d’insécurité a découragé de nombreux Maliens. Selon le délégué de Caritas sur place, des électeurs ont été menacés de représailles par des jeunes se réclamant de l’Azawad.

Nette avance d’Ibrahim Boubacar Keita ?

D’après les premières estimations, les deux favoris – dont les supporters ont arboré durant toute la campagne 4X4 et T-shirts à l’effigie de leur candidat, manifestation la plus visible des sommes considérables dépensées – ont recueilli la majorité des suffrages. Avec une possible victoire au premier tour pour Ibrahim Boubacar Keita.

« IBK », qui est un des favoris, était crédité dès dimanche soir d’une large avance, calculée à partir de premiers résultats collectés par des journalistes maliens dans des bureaux de vote à travers tout le pays. Ces résultats non officiels indiquent que M. Keita, 69 ans, pourrait même créer la surprise et l’emporter dès le premier tour.

Cependant, les craintes s’expriment déjà : « Si l’on proclame la victoire d’un candidat dès le premier tour, il faut s’attendre à des contestations violentes. Pourtant, pour la première fois, les élections ont été organisées dans la transparence » », estime le professeur de droit public Abraham Bengaly.

Les résultats officiels devraient être proclamés vendredi.

Marina Bellot, envoyée spéciale au Mali

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