
- Crédit : Xavier Schwebel / Secours Catholique
« Un homme que nous accueillons au Secours Catholique des Landes avait un rendez-vous à Pôle Emploi mais n’a pas pu s’y rendre par manque de moyen de transport », témoigne une bénévole venue assister à l’atelier thématique concernant la pauvreté rurale au Forum de l’Homme. Conséquence : cet homme a été radié du chômage. Cet isolement géographique et social en milieu rural pose de véritables problèmes de précarité, d’accès à la santé, aux structures publiques et au travail. En Roumanie par exemple, des écoles ferment faute de budget et d’élèves. Par ailleurs, l’absence de transport scolaire entrave la scolarisation des enfants. « De plus, la culture du bénévolat n’existe pas en Roumanie car les gens sont trop pauvres », ajoute un Roumain. Le monde rural est très souvent associé à la notion de solidarité entre voisins, avec les amis et la famille. « Or, ce phénomène s’avère de moins en moins vrai. Les personnes en situation de pauvreté sont stigmatisées », témoigne un autre participant français. La pauvreté est donc très rapidement cachée et devient silencieuse.
« Il ne peut pas y avoir de projet territorial sans y intégrer un projet de lutte contre la pauvreté », a martelé Robert Ponchon, membre du Secours Catholique, lors de la présentation des propositions le samedi après-midi. Parmi ces propositions, on trouve l’augmentation de services de proximité en milieu rural ainsi que le développement de la solidarité entre les personnes. Cela peut passer par la création de lieux de rencontres, comme les boutiques solidaires du Secours Catholique. L’agriculture occupe la majorité de l’espace professionnel dans le monde rural. Pourtant nombreux sont les petits agriculteurs qui peinent à vivre de leurs productions. Les participants au Forum de l’Homme proposent à l’Europe de penser à de nouveaux modes de production et de développer et d’organiser des rencontres entre producteurs et consommateurs. Par ailleurs, ils suggèrent de réformer les SAFER, sociétés spécialisées dans la vente de biens fonciers ruraux, qui aujourd’hui favorisent davantage les grandes exploitations pour la distribution des terres.
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