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Non ! Les pauvres ne sont pas des profiteurs

16/11/2011

Après les propos tenus mardi à Bordeaux par le président Sarkozy, le Secours Catholique tient à réagir.

© PhotoPQR/Ouest France/Philippe Renault Nombre de membres du Secours Catholique, à l'instar de son président, François Soulage, ont été heurtés par les propos du chef de l'État. -  JPEG - 58.6 ko
© PhotoPQR/Ouest France/Philippe Renault
Nombre de membres du Secours Catholique, à l’instar de son président, François Soulage, ont été heurtés par les propos du chef de l’État.

Sur la dignité.

La dignité des personnes, pour le Secours Catholique, ne provient pas que de leur lien avec le travail, mais de leur combat pour survivre au quotidien et des moyens insuffisants pour le faire, pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Ce qui est humiliant, c’est de devoir toujours justifier de leur pauvreté. Le renvoi d’une administration, d’un service à un autre, faire la queue en permanence pour s’entendre répondre qu’on n’a pas le bon formulaire… Pour le Secours Catholique, le chômeur est un travailleur privé d’emploi et non un profiteur d’allocations.

Sur l’assistance.

En France et de longue date, l’assistance est inconditionnelle et située bien au-delà d’une notion de droit et devoir, ou d’engagement réciproque. De manière systématique, nos dirigeants politiques stigmatisent les personnes qui n’ont d’autres ressources que les minima sociaux, les accusant d’être des profiteurs voire des fraudeurs. Pour nous, ces allégations n’ont aucun fondement. Il faut arrêter de confondre assistance, nécessaire à la cohésion sociale, et assistanat, dont tous condamnent les dérives. C’est l’incapacité de notre société à produire de l’emploi pour tous qu’il faut combattre, pas les pauvres. Ce qui semble marcher avec des taux de retour intéressants à l’emploi, ce sont les expérimentations autour du CDI d’insertion et l’insertion par l’activité économique (IAE), qui reposent sur des contrats de plus de 20 h. Du travail une journée par semaine permet-il de lever les freins liés à la santé, au logement, au transport, à la garde d’enfants ? Il n’y a pas d’accompagnement à côté. Est-ce donc un outil d’insertion, ou un parking différent qui ne change pas le devenir ?

Sur les moyens.

L’initiative du contrat unique d’insertion (CUI) de 7 h n’a de chance d’aboutir réellement à un emploi que si les moyens alloués à l’accompagnement des personnes concernées sont suffisants. Aujourd’hui, les moyens alloués à Pôle emploi ou aux missions locales sont notoirement insuffisants au regard de l’élargissement des missions et de l’augmentation du public. Toute expérimentation demande aussi du temps pour associer les services sociaux déjà largement engagés dans cette démarche.

Au sujet de la proposition d’expérimentation proposée, le lien retrouvé avec le monde du travail, même de manière partielle pour des personnes très éloignées de l’emploi, permet de se mettre en réseau avec des personnes en activité. C’est utile pour décrocher un éventuel contrat de travail.

Enfin, nous attirons l’attention sur deux dérives possibles :

1. L’effet recherché peut être de basculer une partie des personnes du chômage catégorie 1 et donc d’afficher une baisse du nombre de chômeurs ; on masquerait alors d’un coup des milliers de chômeurs artificiellement, sans pour autant résoudre le problème de l’emploi.
2. Plus on morcelle l’emploi, plus le besoin d’encadrement est fort. C’est pour cela que les entreprises privées descendent rarement sous les contrats de 20 h. Il ne faudrait pas que les difficultés d’encadrement de ces personnes présentes de manière très partielle fassent que le travail qui leur est confié n’ait aucun sens ou aucune utilité sociale. Il est pour nous essentiel que l’esprit du CUI, à savoir un contrat concerté entre l’allocataire et la collectivité, soit sauvegardé. C’est à ce prix que ce travail procurera de l’estime de soi et de la reconnaissance pour ceux qui l’entourent.

Nous serons vigilants sur l’évolution de ces propositions dans la perspective de la conférence nationale RSA du 15 décembre.

François Soulage, président du Secours Catholique
Jean-Louis Loirat, président de l’Association des cités du Secours Catholique
Robert-Jacques Caquineau, président de Tissons la solidarité

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Commentaires

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  • Non ! Les pauvres ne sont pas des profiteurs 29 novembre 2011 09:28, par verité clary

    Bonjour, Questions : jusqu’à quand se laisseront -ils insulter ? Jusqu’à quand les laisserez-vous se faire insulter ?(vous et toutes les associations acteurs du soutien, mais aussi témoin de leurs réalités et détresses.) Et pourquoi pas un collectif pour porter plainte contre le gouvernement ? Cordialement

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    • Non ! Les pauvres ne sont pas des profiteurs 2 décembre 2011 20:44, par Nathaa.7

      Si un collectif se formait, j’y serai pour une double raison : j’ai travaillé dans une association d’insertion et j’ai été, suite à un licenciement, en situation de grosse galère ! Un collectif qui ne se fasse pas muselé...

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  • Non ! Les pauvres ne sont pas des profiteurs 29 novembre 2011 17:08, par NANCY 54

    Le devoir de l’état n’est il pas plutot d’aider et d’assister les personnes qui sont dans des situations misérables plutot que de les mepriser,voir de les insulter en les suspectant d’être de profiteurs. J’ai bossé dans un service d’aide sociale associatif, faut voir à quel point c’est difficile de faire des démarches ne serait ce pour avoir 30 € et de quoi payer la cantine des gamins.

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  • Quand l’hopital se fout de la charité ! 2 décembre 2011 22:26, par Patristain

    Quels sont les français qui profitent le plus de l’argent des autres ? Réponse : les bien nantis de notre société. J’ai connu le chômage pendant 6 années avec le regard des autres. Oui, comme si j’avais eu le sida ou sortait de prison. Quel doit être le rôle de l’état ? Servir les pauvres ou les riches ! En France, on compte plus ou moins 2 millions de pauvres, sans travail, sans toit, avec un petit salaire, des bouches à nourrir, liste non exhaustive. Et que ce président insulte, comme il en a coutume, ceux qui, peut être, ont voté pour lui, dépasse tout entendement.

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  • Non ! Les pauvres ne sont pas des profiteurs 3 décembre 2011 08:43, par Jules BARBU

    Je ne suis pas surpris du mépris du chef de l’Etat envers les personnes en difficulté sociale. Non seulement ce "petit" monsieur a un très bon salaire mais ses frais d’hébergement, de bouche de transport et d’entretien, de lui même et sa famille, sont pris en charge par l’Etat. La presse révèle que sa nuit d’hôtel lors du G20 aurait coûté la bagatelle de 37.000 euros... Que sait-il de la condition des pauvres ? Il parait "qu’il est plus aisé à un chameau de passer dans le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de cieux" Alors !!!

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  • Non ! Les pauvres ne sont pas des profiteurs 3 décembre 2011 10:45, par Daniel 60

    Hélas !!! nous ne pouvons compter sur l’état, les partis politiques n’ont en tête que les élections et les réelections, les pauvres subissent la crise et en plus très souvent, ils ne votent pas alors !!! N’est ce pas plutôt à nous autres nantis de la société de nous en préoccuper. En oeuvrant auprès des associations, ou en donnant quand on a pas de temps, elles existent ces associations elles vous attendent et elles manquent bien souvent cruellement de bénévoles. L’état c’est nous et c’est d’abord notre devoir de citoyen. J’oeuvre au sein de cette belle institution qu’est le Secours Catholique et ces "pauvres me donnent tellement" Non ce ne sont pas des prfiteurs ils ont vraiment besoin de l’aide de tous.

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