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Le Conseil économique social et environnemental et le Centre d’analyse stratégique mettent l’accent sur l’accompagnement déficient des demandeurs d’emploi et sa personnalisation très insuffisante. Difficile de faire mieux, reconnaît le Cese, quand chaque agent de Pôle Emploi est en moyenne chargé du suivi de 140 demandeurs d’emploi. Un agent peut même avoir jusqu’à 250 personnes à suivre, note Jacques Lepage, responsable de l’emploi au Secours Catholique. Cette proportion descend à 88 personnes au Royaume-Uni et 66 en Allemagne.
Pour redresser la situation, le Conseil économique et social demande l’accroissement des moyens de Pôle Emploi. Le Centre d’analyse stratégique fait un autre choix en préconisant le renforcement du « management par la performance », avec des indicateurs comme le taux et la rapidité du retour à l’emploi.
Personnalisation du service rendu
Les deux institutions se rejoignent pour demander une réelle personnalisation du « service rendu » aux demandeurs d’emploi. Pour cela, il faut « limiter de manière notable la taille des portefeuilles des conseillers de Pôle Emploi », recommande le Conseil économique et social, autrement dit réduire le nombre de demandeurs d’emploi à la charge de chaque conseiller.
Autonomie des conseillers
Toujours pour une meilleure personnalisation, le Centre d’analyse stratégique propose une plus grande autonomie des conseillers. Ils choisiraient « la fréquence et la durée des entretiens », ils auraient un « budget de placement » à leur disposition pour l’achat de tenues d’entretiens d’embauche, le financement de gardes d’enfants… Une vraie révolution culturelle au regard du fonctionnement actuel très rigide du service national de l’emploi.
Le Cas demande en outre la création d’une véritable qualification professionnelle des agents, dès l’université ou en formation continue. Connaissance du marché du travail, psychologie, seraient notamment au programme.
Un vrai projet personnalisé
Le Secours Catholique rencontre des demandeurs d’emploi en grande difficulté dans ses accueils et dans ses équipes spécialisées. Il préconise pour sa part l’adoption d’une « culture du dialogue » entre agents et demandeurs d’emploi. Cela va avec une élaboration vraiment « conjointe » du Projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) qui, pour le moment, n’est que « la transcription d’un parcours type prédéfini », selon le Centre d’analyse stratégique.
L’association aide « les plus éloignés de Pôle Emploi » à préparer en amont ces PPAE et fait parfois, en aval, un « débriefing convivial » des entretiens, notamment pour les personnes étrangères. Le Secours Catholique attache par ailleurs de l’importance au fonctionnement des 80 comités de liaisons de Pôle Emploi, où se rencontrent notamment représentants de l’institution, syndicats et associations de chômeurs. Une façon de « co-construire » le service de l’emploi au bénéfice de tous, selon le vœu Jacques Lepage.
François Tcherkessoff



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