
- © Han Bing/Landov/Maxppp
- La police s’est déployée à Kinshasa pour tenter de limiter les manifestations qui ont éclaté après l’annonce de la victoire de Kabila.
Selon la Commission électorale (Ceni), Joseph Kabila l’a emporté avec 48,95 % des voix sur son rival Étienne Tshisekedi (32,33 %). Ce dernier a rejeté « en bloc » ce résultat et s’est autoproclamé « président élu » de RDC.
L’annonce de la Ceni a déclenché des violences dans la capitale Kinshasa, quadrillée par la police et l’armée, qui ont fait au moins quatre morts – trois pillards et une femme mortellement blessée par une balle perdue –, selon la police. Plusieurs personnes ont été arrêtées.
Depuis le début de la semaine, les regroupements d’opposants sont systématiquement dispersés par la police, souvent violemment.
Dans l’est du pays, à Bukavu, une marche pacifique, organisée mardi 13 décembre à l’appel de plusieurs partis d’opposition, dont l’Union pour la nation congolaise (UNC), est partie de deux axes de la ville, mais a rapidement été stoppée par la police, alors que le maire avait interdit toute manifestation.
1,3 million de voix perdues
Le président de la commission électorale a lui-même révélé que les résultats de 3 499 bureaux de vote n’ont pas été pris en compte, soit 1,3 million de voix perdues. Mais cela ne change pas le résultat, a-t-il indiqué, car l’écart entre les deux principaux candidats a été de plus de 3 millions de voix.
Des scores de 100 % au Katanga
La mission d’observation du Centre Carter (fondé par l’ancien président américain et son épouse) a de son côté relevé la perte de 3 000 plis de résultats de bureaux de vote, représentant 850 000 électeurs, et de nombreux scores de 100 % de voix obtenus par M. Kabila au Katanga (sud-est du pays).
« Ni vérité ni justice »
S’appuyant sur les 35 000 observateurs déployés par l’Église, l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, estime que les résultats officiels ne sont « conformes ni à la vérité ni à la justice ». Le prélat congolais prend aussi en compte les constats des observateurs internationaux, dont six personnes dépêchées sur le terrain par le Secours Catholique.
Recours légal plutôt que violence
Rejetant toute forme de violence, le cardinal ouvre la voie à un recours légal. Il invite les contestataires à interjeter appel auprès de la Cour suprême de justice, qui doit encore confirmer le résultat de la présidentielle.
Mgr Monsegwo Pasinya a justifié l’intervention de l’Église par son obligation morale d’« offrir son aide à la justice pour établir la vérité des urnes là où ont été ses observateurs ».
François Tcherkessoff
(avec AFP, Caritas Internationalis)



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