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- Devant un bureau de vote, des électeurs témoignent d’attaques menées par les forces de l’ordre le jour du vote, le 28 novembre 2011.
« Ce qui se passe présentement au niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est une honte pour notre pays, [qui] traverse à l’heure actuelle un temps d’incertitude et d’angoisse, ont déclaré les évêques de République démocratique du Congo (RDC), dans un message publié à l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa, le 11 janvier. Nous avons noté des défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiées, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’homme, des cafouillages, et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes. »
L’annonce des résultats reportée au 26 janvier
Le 28 novembre dernier, les Congolais sont allés aux urnes afin d’élire leur président – Joseph Kabila, réélu pour cinq ans –, mais aussi pour les élections législatives. Quelque 19 000 candidats se disputent les 500 sièges de l’Assemblée nationale. Face aux réclamations de l’opposition et aux menaces de l’Union européenne de réévaluer son soutien au pays si des progrès n’étaient pas réalisés dans le dépouillement des votes des législatives, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a accepté l’aide technique d’une équipe d’experts électoraux internationaux, arrivée le 5 janvier et qui devrait rester trois semaines. Les résultats, qui devaient être rendus publics le 13 janvier, ont été repoussés au 26.
La Conférence épiscopale remet en cause la Commission électorale
Dans son message « aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais », les évêques congolais appellent à la non-violence et demandent à l’équipe actuelle de la Céni « de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner. Par ailleurs, nous recommandons au parlement de revoir de toute urgence la composition de la Céni et d’y intégrer la représentation de la société civile pour plus d’indépendance. » De plus, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) demande au gouvernement de « tirer des leçons de cette débâcle électorale » et « d’arrêter de puiser dans le trésor public pour des intérêts personnels ».
Conjurer la crise qui se profile
« Si l’on prend le risque de continuer à gouverner le pays par défi, les tensions intérieures plus ou moins maîtrisées à court terme culmineraient, tôt ou tard, dans une crise grave et difficile à dénouer », avertissent les évêques.
Caritas Congo rappelle, sur son site internet, l’exhortation du pape Benoît XVI aux dirigeants africains lors de sa visite au Bénin le 19 novembre dernier : « Ne privez pas vos peuples de l’espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! »
(avec AFP)
Lire le message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la Cenco en intégralité



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