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- Les membres des forces de sécurité congolaises restent vigilants après l’élection présidentielle.
Joseph Kabila a prêté serment le 20 décembre à Kinshasa devant la Cour suprême de justice (CSJ), après sa réélection pour un deuxième quinquennat à la suite d’un scrutin entaché d’irrégularités. L’Église congolaise, qui avait des observateurs dans les bureaux de vote, en avait appelé à la CSJ pour arbitrer les résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier, estimant qu’ils n’étaient « pas conformes ni à la vérité ni à la justice. » Toutefois, la CSJ a confirmé, le 16 décembre, les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale (Céni) le 9 décembre dernier, proclamant la victoire de Kabila avec 48,95 % des suffrages, devant son opposant principal, Tshisekedi (32,33 %). Ce dernier conteste les résultats et s’est proclamé « président élu ». Il a annoncé qu’il allait prêter serment devant le peuple vendredi 23 décembre à Kinshasa. « Nous ne voulons pas d’un scénario à l’ivoirienne, affirme un responsable de la Commission épiscopale nationale (Cenco). Nous désirons être optimistes et espérons que les politiques prendront leurs responsabilités pour que la paix soit restaurée. » La Cenco affirme que ses observateurs sont en accord avec les résultats publiés dans les bureaux de vote, et non pas avec les résultats publiés par la Céni.
« Un climat lourd pèse sur la capitale »
Le calme est retombé après les fortes violences commises à Kinshasa le 9 décembre à la suite de la proclamation des résultats provisoires. Toutefois, Caritas Congo développement, partenaire du Secours Catholique, affirme qu’« un climat lourd pèse sur la capitale où un dispositif sécuritaire impressionnant, comprenant des chars de combat, est mis en place depuis près d’une semaine. » De même, le Réseau européen pour l’Afrique centrale (EurAc), dont le Secours Catholique est membre, et la plateforme d’associations AETA (Agir pour des élections transparentes et apaisées) alertent, dans un communiqué du 20 décembre, sur « le déploiement massif des forces de sécurité et l’aggravation des abus perpétrés par celles-ci. » Les deux associations notent également « la montée de l’insécurité, les extorsions, les enlèvements, les tueries et les arrestations arbitraires. Par ailleurs, différentes sources concordantes signalent la détention prolongée de personnes dans les nombreuses geôles du pays. »
Inquiétudes quant à la poursuite du processus électoral
EurAc et AETA s’inquiètent pour la poursuite du processus électoral, notamment en vue de la proclamation des résultats provisoires des élections législatives, couplées à la présidentielles, prévue pour mi-janvier. Les deux organisations appellent le gouvernement en place à « veiller à ce que ses actions en faveur de la sécurisation de la population n’engendrent pas de destructions ni de blessés ni de morts parmi la population. » Elles appellent la police nationale et la force armée à renoncer à utiliser des munitions réelles. De plus, EurAc et AETA souhaitent que le gouvernement assure le respect des droits des citoyens congolais, et notamment du droit de manifestation non violente. Enfin, elles demandent le rétablissement immédiat du service SMS, suspendu depuis le 3 décembre.
(avec AFP)



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