Les pays de la Corne de l’Afrique (Kenya, Érythrée, Éthiopie, Somalie, Djibouti, Tanzanie et le nord est de l’Ouganda) sont les plus touchés par la famine qui menace les populations. Parmi les 12 millions de personnes souffrant de malnutrition, on dénombre 4,8 millions d’Éthiopiens, 3,7 millions de Kényans et autant de Somaliens. En Somalie, le quart de la population a fui dans l’espoir de trouver de la nourriture ailleurs.
Causée par la pire sécheresse de ces soixante dernières années, cette crise a été exacerbée par l’augmentation du prix du pétrole et l’inflation des prix alimentaires. La prochaine période de pluie n’étant pas attendue avant octobre, les prévisions pour les mois à venir sont catastrophiques. Les Caritas mobilisées apportent les réponses adaptées au contexte de chaque pays. En Somalie, où la crise est particulièrement aiguë, le président de la Caritas nationale, Mgr Giorgio Bertin, déclarait que la situation de son pays « était désastreuse. Dans le Sud, la sécheresse s’ajoute à l’absence de gouvernement et à vingt ans de conflits. Si nous voulons éviter une catastrophe, nous devons agir rapidement mais en faisant attention au contexte compliqué de l’insécurité. »
La moitié des enfants souffrent de malnutrition
Des milliers de Somaliens arrivent quotidiennement en Éthiopie et au Kenya. Et parmi eux, près de la moitié des enfants souffrent de malnutrition. Un taux qui a doublé depuis janvier. La Caritas somalienne distribue de la nourriture à 7 000 personnes (dont 1 400 enfants et personnes âgées) et des compléments alimentaires à plus de 4 000 personnes, favorisant les enfants, les mères avec bébé et les personnes âgées. Par ailleurs, les Caritas suisse et luxembourgeoise permettent à 70 000 semi-nomades de l’est de la Somalie un accès à l’eau potable.

- Crédit : Cordaid/Flickr
- Programme de malnutrition infantile, à Marsabit, dans le Nord Kenya.
Des cas de choléra
Au Kenya, où les enfants sont aussi particulièrement touchés par la famine, on note des cas de choléra dans les zones où l’eau est rare et le bétail est en train de mourir de soif. La Caritas nationale, aidée par d’autres Caritas, apporte une aide alimentaire à 40 000 personnes des zones les plus sensibles de l’est du pays. Là encore, ce sont les mères et les enfants qui sont le cœur de cible de ces distributions. Par ailleurs, des programmes vétérinaires tentent de maintenir en bonne santé 15 000 têtes de bétail. La Caritas éthiopienne, aidée par la Confédération des Caritas, distribue une aide alimentaire à plus de 80 000 habitants de Haraghe et Meki, et soutient des programmes vétérinaires pour éviter la perte en bétail.
Les Caritas se réunissent en forum
Le travail des Caritas se fait au niveau de chaque pays. Les Caritas présentes dans ce pays se réunissent en forum. Dans ce forum, elles coordonnent leurs actions pour répondre à cette crise dans le contexte particulier au pays. Un plaidoyer devrait, en revanche, mettre en commun les positions de tous les membres de la Confédération des Caritas.
L’appel aux dons et les actions du Secours Catholique
Depuis un mois, le Secours Catholique appelle aux dons après avoir immédiatement engagé 300 000 euros pour des actions d’urgence. Le directeur de l’action internationale du Secours Catholique, Marc Laroche, la responsable des urgences internationales et le chargé de mission de la région étaient sur le terrain à la mi-juillet pour évaluer les besoins et rencontrer plusieurs partenaires ainsi que leurs homologues des Caritas anglaise, américaine, irlandaise, suisse et kényane pour définir la réponse de la Caritas française.
En Somalie, un millier d’enfants est actuellement pris en charge (nourriture et soins) par un des partenaires du Secours Catholique et soutenu par les dons recueillis jusqu’ici.
En Éthiopie, le Secours Catholique agit à travers la Caritas nationale, l’Église catholique du pays (Ethiopian Catholic Church), qui distribue dans les diocèses les plus fragilisés des compléments alimentaires et des semences, réhabilite et multiplie les points d’eau et porte une attention particulière à la santé du bétail, souvent unique capital des habitants.
D’autres soutiens sont à l’étude et devraient se concrétiser très rapidement.
Le Secours Catholique agit en partenariat avec les Caritas implantées de longue date sur le terrain. Cette politique a l’avantage de bien connaître les populations aidées et les circuits d’approvisionnement locaux, ainsi que de réduire au maximum les frais d’intervention.



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