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On souhaite des crèches. Pas seulement à Noël.
mise en ligne : 16-02-2008

La problématique
Beaucoup de ménages au chômage, ou ayant des revenus précaires, ou des emplois très précaires, à temps partiel, etc, ne trouvent pas de modes de garde adaptés à leur situation, qui leur permettraient de se libérer pour effectuer des démarches administratives ou de faire garder leurs enfants alors qu’ils ont des horaires atypiques.

Ainsi au Secours Catholique :
- Le pourcentage de familles monoparentales accueillies par le SC se situe à un niveau trois fois et demi plus élevé (29% contre 8%) que la moyenne nationale. Ce nombre est en augmentation régulière depuis plus de 20 ans. Parmi ces familles monoparentales, les mères seules restent très largement majoritaires (26% vs 6%). La moitié de ces familles monoparentales ne vivent que de transferts sociaux. La féminisation de la pauvreté constatée par le Secours Catholique se confirme depuis 2002.
- En terme de revenus, 44% des personnes reçues vs 40% en 2003 sont chômeurs, en décalage avec les chiffres du chômage qui sont en baisse continue depuis mai 2005 … la reprise concernent ceux qui sont relativement proches du marché de l’emploi. Par ailleurs, on constate une augmentation du nombre de chômeurs non indemnisés : 28% des pers. reçues vs 23% en 2003.
- Parmi les actifs qui ont un emploi, 75% ont un « emploi précaire » (CDD, intérim, saisonnier, emploi aidé, temps partiel) contre 25% au niveau national, ils sont travailleurs pauvres (1.3 millions de « travailleurs pauvres » en France). Les "bas salaires" (temps partiels inférieurs au niveau du SMIC) sont en pleine expansion : 17% des salariés en 2001 contre 11% en 1983 (la moitié des créations d'emploi sont des "bas salaires" depuis 20 ans !), soit 3.4 millions de personnes, dont 80% sont des femmes. Elles sont souvent embauchées dans la grande distribution, comme caissières avec des horaires décalés, comme vendeuses, serveuses, opératrices de saisie, femmes de ménage, standardistes, en cantine, en usine, en travail de nuit...Or on sait que 20 à 30% des personnes à temps partiel souhaitent travailler davantage…, soit près d’un million de personnes sur ces 3.4 millions.


L’enjeu est donc de travailler avec les personnes concernées, qui ont des attentes et des contraintes particulières, sur des solutions qui leur conviennent le mieux compte-tenu de leur situation. C’est ainsi que des femmes africaines des Mureaux (Yvelines) ont, il y a quelques années, réfléchi entre elles, avec le soutien d’un animateur du Secours Catholique, sur les modes de garde qui leur seraient adaptés, alors qu’elles avaient des horaires irréguliers, décalés, des besoins de garde pour leurs démarches, même étant au chômage, etc. Un travail de près de 3 ans, avec des visites dans des lieux d’accueil, la découverte des fonctionnements associatifs, des pistes de financement, des règlements de sécurité et d’hygiène liés à l’accueil de petits enfants, de la comptabilité, a finalement permis de monter une structure qui réponde aux attentes de ces mamans.
La pauvreté se définit, selon des personnes qui la vivent sollicitées par le Réseau Européen des Associations de Lutte contre la Pauvreté (EAPN), par :
- La situation de dépendance, le manque d'autonomie, la réduction des choix.
- Le sentiment de dévalorisation lié à la non reconnaissance de leurs capacités
- La difficulté d'accéder à des droits et des services du fait de l'opacité des procédures, du manque d'information, source d'insécurité
- L'absence de qualité des services et des biens, qui comporte des aspects matériels mais qui nie aussi le sentiment d'appartenance, d'utilité, de dignité
- La vulnérabilité des parcours, l'insécurité des parcours de vie les ruptures récurrentes, l'impossibilité d'anticiper.
Il s’agit, en construisant avec les personnes des réponses qui leur seront adaptées, non seulement de répondre à des aspirations concrètes, mais aussi de s’appuyer sur leurs ressources propres, pour que l’ensemble de la société en profite.

La législation et le regard de nos concitoyens
Les modes de garde proposés correspondent le plus souvent à des situations plus normées en terme d’horaires, de niveau et régularité de revenus. Les règles d’accès en sont très codifiées, et les listes d’attente, même pour des personnes correspondant potentiellement à ces critères, déjà très longues.
Le risque actuel est que face à la complexité croissante de la réglementation en matière d’enfance, liée notamment à la médiatisation des affaires de maltraitance, les initiatives de parents soient rendues plus compliquées….Les crèches parentales sont déjà confrontées à ces difficultés. Il est donc essentiel de valoriser les idées et propositions des personnes pour qui les dispositifs existants sont inadaptés, pour qu’elles puissent les approfondir et les mettre en œuvre.

La communication du Secours Catholique.
Bien sûr, la crèche n’est pas la seule solution, ni même peut-être la plus adaptée, c’est l’impact de la formule qui était recherché. Mais il s’agit bien de prendre en compte les réalités de vie des familles que nous rencontrons, qui vivent plus que d’autres la monoparentalité, l’absence de travail ou le travail précaire.


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