Les maires ruraux sont de plus en plus nombreux à battre la campagne pour remplacer le médecin parti à la retraite. Le manque présumé de clientèle, l’absence de services publics, la défense de leur pré carré par les confrères du secteur dissuadent les nouvelles installations. En Auvergne, La Monnerie-le-Montel, 2 500 habitants, cherche désespérément à remplacer son médecin décédé il y a deux ans. La population vieillissante se plaint au maire de ne plus avoir de docteur. La “désertification médicale” menace. Le ministère de la Santé réfléchit à des incitations : honoraires majorés (la différence serait directement prise en charge par l’Assurance maladie), exonération d’impôt pour soixante jours d’astreinte par an, aide aux remplacements temporaires, etc. Sans attendre, les communes tirent profit de la précédente vague de désertification… due à l’État : gares désertées, trésoreries vidées de leurs agents se métamorphosent en cabinets médicaux prêts à l’emploi. Les bourgades françaises auront-elles aussi à rejouer La Grande Séduction, film où tout un village canadien “piège” gentiment son futur médecin ? François Tcherkessof |