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Mobilité sociale - Analyse et propositions
mise en ligne : 22-09-2008

Bercée par les années de croissance de l’après-guerre, la société française a longtemps cru qu’il suffisait d’envoyer ses enfants à l’école pour que leur avenir soit assuré. Trente ans de profondes transformations économiques ont fortement entamé cette croyance et aujourd’hui l’idée même d’un “ascenseur social” permettant à toute une classe d’âge de s’élever socialement relève plus de l’utopie que d’un idéal accessible. Divers intervenants analysent les raisons de la panne et proposent des pistes pour favoriser la mobilité sociale.

Quarante ans après mai 68, il ne s’agit plus de changer de société, mais de déplorer la panne de l’ascenseur social. S’intéresser à ce sujet, bien plus que d’essayer d’en déterminer les causes ou d’en désigner les coupables, c’est interroger les phénomènes inégalitaires à l’œuvre dans notre société.

Aujourd’hui, selon l’enquête “Formation et qualification professionnelle” de l’Insee, l’inégalité d’accès aux statuts supérieur s a augmenté. En effet, un homme issu d’une famille de cadres a huit chances sur dix d’occuper une position supérieure ou égale à celle d’un homme issu d’une famille d’ouvriers. Ce n’est pas nouveau, mais cette tendance s’est accentuée au cours des 25 dernières années (Insee, enquêtes FQP 1977, 1993 et 2003).

L’école et l’enseignement sont souvent accusés de ne plus (ou de mal) jouer leur rôle de promotion sociale. En partie à tort, explique Marie Duru-Bellat (voir interview). Selon la sociologue, « l’absence de mobilité ascendante tient bien plus au fait que les emplois qualifiés se développent beaucoup moins vite que dans les années 50 ou 60 ». Surtout, indique-t-elle, la panne de l’ascenseur social découle des inégalités de la société.

La focalisation sur les trajectoires individuelles traduit un changement de perspectives : tout se passe comme si on acceptait de vivre dans une société où les inégalités sont fortes, du moment que les trajectoires individuelles permettent de tirer son épingle du jeu.

Dénoncer la panne de l’ascenseur social, c’est mettre en cause les mécanismes d’accès aux positions sociales, quand il faudrait plutôt s’interroger sur l’existence même de places très différenciées dans la hiérarchie sociale. En bref, les inégalités. C’est à celles-ci qu’il faut s’attaquer et, pour cela, sans doute convient-il de mettre enfin l’imagination au pouvoir

Stéphane Fernandez



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