Les enfants pauvres portent plus de responsabilités que les autres enfants de leur âge, mais ils sont ramenés au niveau des plus jeunes pour ce qui est du confort et de la technologie. Tous plébiscitent cependant leur famille. Sur les 630 000 personnes ou familles accueillies en 2007 par le Secours Catholique, 46 %, soit 290 000, ont des enfants. Premier constat : ces familles sont plus pauvres que les personnes seules. Au Secours Catholique, 31,8 % des familles monoparentales et des couples avec enfants vivent avec des revenus par unité de consommation (1) inférieurs à 586 euros, contre 18 % des personnes seules et couples sans enfants. Ce niveau de 586 euros est très inférieur au dernier chiffrage du seuil de pauvreté, égal à 880 euros en 2006.
Deuxième constat : il faut plus d’argent aux parents isolés – 60 % des familles avec enfants accueillies au Secours Catholique – qu’aux couples pour essayer de s’en sortir financièrement : 596 euros, soit 142 euros de plus. La différence tient au temps : « Les parents isolés doivent payer les services qu’ils n’ont pas le temps d’assumer », explique Dominique Saint-Macary, responsable des statistiques au Secours Catholique. Enfants “décalés”. Les enfants subissent évidemment la pauvreté de leurs parents, mais sans être automatiquement voués à l’échec scolaire ou aux mauvais traitements. Ces enfants sont surtout “décalés”. Ils sont ramenés au niveau des plus jeunes quand, par exemple, ils n’ont pas le confort standard de leur âge (un coin à soi), ou le même équipement informatique que l’ensemble des enfants (ordinateur, Internet). À l’inverse, ils sont tirés vers les plus âgés par une “sur-responsabilisation” familiale : surveillance des plus jeunes, préparation de repas, aide aux formalités… Tous se retrouvent cependant sur « l’énorme importance qu’ils donnent à leur famille », analyse Dominique Saint-Macary, après dépouillement du questionnaire où plus de 600 enfants ont “noté leur vie” dans 45 délégations du Secours Catholique. La note moyenne, tous niveaux de vie confondus, est de 7,33 sur 10. Pour que « la vie soit la meilleure possible », 20 % de ces jeunes mentionnent leur famille, qui est aussi le thème le plus souvent cité par eux.
(1) Pour obtenir le revenu par unité de consommation on divise le revenu des ménages par son nombre d’unités de consommation calculé comme suit : le premier adulte compte pour 1. Les autres adultes et les enfants de 14 ans et plus comptent pour 0,5. Les enfants de moins de 14 ans comptent pour 0,3.
François Tcherkessof
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