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QUATRE QUESTIONS au président du Secours catholique François Soulage
mise en ligne : 11-09-2009

« Les premiers touchés par la crise seront les derniers à en sortir »

- Le Secours catholique annonce une hausse de 15% du montant des aides depuis le début de l’année, est-ce réellement inquiétant ?
François Soulage : Oui, car dans le même temps, il n’y a pas eu de hausse significative du nombre de personnes secourues, ce qui veut dire que les personnes en demande sont en plus grande difficulté ; en outre, ce chiffre de 15%  est une moyenne et ne reflète pas la réalité rencontrée selon les régions. On note une augmentation de 30% dans certains bassins industriels par exemple. Enfin, nous nous attendons à une hausse du nombre de personnes en demande lorsque les dispositifs sociaux actuels auront touché à leur fin.

- Le Secours catholique souligne, à travers son baromètre de la pauvreté, une baisse du moral des bénévoles, alors que le moral des Français, lui semble en hausse. Comment l’expliquez-vous ?
Cela illustre parfaitement l’idée d’une France à deux vitesses : celle qui se sort plutôt pas mal de la crise, et l’autre que la crise enfonce davantage. C’est cette dernière que nos bénévoles voient dans les délégations du Secours catholique. Pour autant, on estime que 60% des Français ne sont pas touchés par la crise. Il est donc important de les y sensibiliser pour venir en aide à ceux qui souffrent.

- L’action des pouvoirs publics est-elle à la hauteur pour atténuer l’impact de cette crise ?
Le choix d’y répondre par une relance de l’investissement, dont les effets ne se voient qu’à moyen et long terme, ne me semble pas pertinent ; il aurait fallu apporter une réponse plus immédiate par une relance actuelle de la consommation. La baisse de la TVA sur la restauration, ou les dispositifs fiscaux pour faciliter l’accession à la propriété, vont grever les finances publiques sans pour autant produire des effets intéressants pour l’économie dans les mois qui viennent.

- Face à la crise que propose le Secours catholique ?
Nous ne changeons pas de cap, nous continuons d’accompagner sur la durée nos bénéficiaires,  tout en les soutenant financièrement bien entendu. Il faut bien comprendre que ces personnes, qui ont été les premières touchées par l’impact de la crise, seront aussi les dernières à s’en sortir. D’autant qu’il est désormais évident que les emplois perdus lors de cette crise, ne seront pas tous retrouvés après, nous somme face à une crise structurelle, comme dans les années 1970-80.

Propos recueillis par Catherine REBUFFEL




crédit : Elodie Perriot / SC
François Soulage, Président National du Secours Catholique.


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