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L’été n’est pas un répit pour les sans abris.
mise en ligne : 01-06-2004

A l’approche des chaleurs estivales, les équipes du Secours Catholique de Marseille se mobilisent pour pallier la fermeture des dispositifs d’urgence. Nuit et jour, les bénévoles des tournées mobiles s’attachent à assurer la continuité de l’aide portée aux plus démunis.

Dans les Bouches du Rhône, les statistiques de pauvreté portent à 100 000 le nombre de personnes en situation d’exclusion, dont la moitié pour la seule ville de Marseille. Exclus parmi les exclus, les sans abri sont tout autant vulnérables l’été que l’hiver. Les beaux jours n’enrayant pas la précarité de leur sort, la hausse des températures ajoute d’autres maux sanitaires et médicaux, tels les complications respiratoires, les affections sudatoires et cutanées et les risques de déshydratation.
«Peu de personnes en difficulté osent solliciter les services sociaux, même quand il y a urgence. Ils ne souhaitent pas raconter leur vie. Au fil des rencontres, avec le temps, la confiance s’installe et ils se dévoilent. Il faut un grand courage pour accepter un abandon de conjoint, une perte d’emploi, un changement radical de situation vers le bas. Nous, nous sommes là pour mener ce combat avec eux.» affirme Marylène, bénévole depuis 5 ans au Secours Catholique. Chaque soir, l’équipe mobile de nuit du Secours Catholique sillonne les rues de Marseille et les quartiers nord de la ville, réputés difficiles, pour distribuer des repas et identifier les besoins spécifiques des personnes sans abris, en soins, vêtements et services d’hygiène. «Nous allons à la rencontre de 40 à 50 personnes par jour et distribuons plus de 20 litres de soupe. Même si l’itinéraire est chargé, nous prenons un temps d’échange et de dialogue. Ce lien est fondamental eux.» confie Philippe, bénévole de nuit.

Au-delà de l’aide alimentaire, les bénévoles s’emploient autant que possible à détecter les nouveaux sans abri, pour un accompagnement spécifique de l’équipe mobile de jour qui prend le relais la journée. «Il faut agir vite pour éviter que la personne ne glisse dans la spirale de la rue et de la précarité. Jusqu’à 5 mois, la réinsertion est encore possible si le contact avec l’équipe sociale est régulier et que la personne accepte d’être accompagnée dans ses démarches. Au-delà c’est plus délicat. Ils ne sortent jamais vraiment de la rue, même s’ils parviennent à obtenir un appartement. La rue engendre une grande souffrance psychologique et des maux en cascade. Le physique ne suit plus et la descente est terrible.» précise Marylène.

A la question de savoir quelle est la plus grande difficulté à surmonter quand on vit dans la rue, Petit Louis, sans abri depuis plusieurs années et habitué de la tournée de nuit répond avec amertume «Le plus dur, ce n’est pas la faim ou le manque d’argent. C’est le regard des autres. On ne se sent plus humain, moins que rien. Et puis la rue, ça abîme. Parfois, je vois mon ombre et je crois que ce n’est pas la mienne. Ca fait un choc.»
crédit : E. Perriot / SC


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