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RD Congo – Succès de la conférence de Goma
mise en ligne : 29-01-2008

La conférence sur la paix dans les Kivus ouverte à Goma le 6 janvier, clôt ses travaux par un Acte d’engagement le 23 janvier.

Les groupes armés du Nord et du Sud-Kivu ont signé mercredi 23 janvier 2008 l’Acte d’engagement pour la paix,  en présence du Chef de l’État et de la communauté internationale lors de la cérémonie de clôture de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans ces provinces de l’Est du Congo. L’Acte d’engagement pour la paix concerne l’arrêt total et immédiat des hostilités, de tout nouveau recrutement militaire sur toute l’étendue des deux provinces.
 
Une Commission technique mixte Paix et Sécurité, sous l’égide de la communauté internationale, sera instituée par le Gouvernement pour examiner et finaliser l’ordre du cessez-le-feu, la localisation géographique des groupes armés, le déploiement des observateurs de la MONUC qui doivent surveiller le cessez-le-feu et sécuriser les populations civiles, le début de la mise en œuvre du Plan issu du communiqué conjoint de Nairobi sur le désarmement et le rapatriement des groupes armés étrangers, les modalités du brassage, le rétablissement de l’autorité de l’État, l’intégration dans l’armée régulière, la démobilisation et la réinsertion sociale. Deux sous-commissions seront instituées au sein de cette Commission. La sous-commission Militaire Mixte sera chargée du désengagement, du brassage, de la démobilisation et de la réinsertion sociale, la sous-commission Humanitaire et Sociale s’occupera des questions des déplacés internes et des réfugiés.
 
Il doit être mis fin aux actes de violence,  aux exactions à l’égard des civils, particulièrement des femmes et des enfants, des personnes âgées et des handicapés. D'autres mesures importantes doivent entrer en vigueur comme la libération des détenus pour délit d’opinion ou d’appartenance aux organisations insurrectionnelles, la remise des biens mal acquis à leurs propriétaires et le retour des réfugiés dans leur pays sous la supervision du HCR et du pays d’asile. De même que la libre circulation des biens et des personnes ainsi que la suppression des barrières routières irrégulières doivent être restaurées. Toutes ces mesures sont particulièrement attendues par Caritas qui dénonce une dégradation préoccupante de l'accès aux populations déplacées. Caritas poursuit la distribution de vivres en partenariat avec le PAM et de non-vivres dans le cadre du programme d'urgence du réseau Caritas.
 
Un projet de Loi d’amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels, couvrant la période de juin 2003 à la date de la promulgation de la Loi, à l’exception des crimes de guerre,  crimes contre l’humanité et génocide sera présenté au Parlement. Le Gouvernement s’engage également à instituer une Commission technique par l’Ordonnance du Président de la République pour finaliser le Plan de désengagement, les questions de grades, d’intégration et d’encadrement des démobilisés, à décréter et respecter le cessez-le-feu, à créer une zone démilitarisée pour permettre le déploiement des observateurs de la MONUC et la sécurisation du retour des déplacés, ainsi qu’à s’abstenir à tout soutien logistique aux groupes armés nationaux ou étrangers.  
 
La grande réussite de la Conférence est d’avoir réuni, pour la première fois, les populations des deux provinces.  Le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies au Congo, les envoyés spéciaux de l’Union Européenne, du Département d’État américain, de l’Union africaine, de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs, le Représentant de Amani Forum, la plate-forme interparlementaire dont le siège se trouve à Nairobi ainsi que celui du HCR, ont félicité les populations du Nord et du Sud-Kivu d’avoir montré qu’il est possible de restaurer la paix dans la région.
 
Mais au lendemain de cette signature, les déplacés du Nord-Kivu n'ont pas regagné leurs villages d'origine pour autant. Ils attendent des preuves significatives du rétablissement de la paix. Malgré l'accord tacite précédant la conférence de Goma et les promesses proférées par les chefs pendant son déroulement, les combats entre forces loyalistes et insurgés se sont poursuivis, entraînant de nouveaux déplacements. Loin de s'améliorer, la situation humanitaire s¹est encore aggravée.

Plus de 800 000 personnes déplacées attendent que l'Acte d'engagement soit réellement respecté pour quitter leurs camps de fortune et regagner leurs villages. En RD Congo, les conflits et les crises humanitaires depuis 1998 ont provoqué la mort de 5,4 millions de morts.

Emmanuelle Dethomas
CONGO KINSHASA


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