En République démocratique du Congo, le cortège de pillages et d’exactions dus aux conflits armés et la crise économique amènent les populations des zones menacées à fuir leurs habitations et à s’entasser aux portes des grandes villes dans des conditions très précaires. Un scénario est devenu courant, notamment à Kikwit, à l’est de la capitale, Kinshasa : une famille en situation de précarité perd un emploi ou un proche. Dans l’impasse et le gouffre financier, les parents rendent leur enfant responsable de ce malheur en l’accusant de sorcellerie, excuse qui leur permet de le chasser de la maison et d’avoir une personne de moins à nourrir. On les appelle plus communément “les enfants sorciers”. Depuis 1999, le Comité des enfants de la rue de Kikwit (CERK), partenaire du Secours Catholique, se préoccupent de la réinsertion de ces enfants. Scolarisation, formation professionnelle, encadrement quotidien, suivi de santé… une dizaine de jeunes éducateurs s’emploient à rétablir les “enfants sorciers” dans la société et de réduire ainsi la délinquance juvénile. 250 enfants bénéficient de cette aide dont 175 sont suivi dans leur famille, 45 à l’école, 25 en apprentissage et 5 en cours de réinsertion. Clémence Richard |