« En Tchétchénie, la place de la femme est très difficile à définir », raconte Inna Aurapetian, l’une des fondatrices avec Kheda Omarkedjeva, de l’association de soutien aux femmes tchétchènes, Sintem (“Apaisement”).
Traditionnellement figure d’autorité et de respect, l’image de la femme tchétchène a quelque peu été écornée par les nombreuses années de guerre. Aujourd’hui, les familles traditionnelles gardent un profond respect pour les femmes, tandis que les autres les humilient et font d’elles des objets de convoitise.
Pourtant, en remplaçant les hommes pendant la guerre, elles sont devenues les piliers de la société tchétchène. « Ce sont les femmes qui ramènent l’argent à la maison en Tchétchénie. Elles font des travaux d’homme très difficiles, comme la construction. Celle qui en pâtît le plus est la femme enceinte, car sa grossesse n’est pas prise en considération et elle doit travailler autant qu’une femme normale. Elle ne prend pas soin d’elle et a très peu de connaissances sur les conséquences sur l’enfant », explique Kheda.
À Groznyï, la capitale, Sintem, sensible à ces lacunes, offre la possibilité aux femmes de trouver une place plus affirmée dans la société tchétchène. Une formatrice, une gynécologue, une psychologue et une formatrice-psychologue accompagnent principalement des femmes enceintes à connaître leur corps et leur enfant pendant la grossesse, leur apporte un soutien psychologique et des notions d’hygiène et de santé. Sintem s’emploie également à former des femmes impliquées dans les associations locales et dispense des formations professionnelles. En mai dernier, les deux fondatrices, Inna et Kheda, se sont rendues en France dans l’objectif d’élargir leurs connaissances et d’enrichir leur projet d’aide.
Clémence Richard |