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“En tant que chrétiens nous devons agir”
mise en ligne : 10-10-2008

Depuis les premiers constats de Caritas en 1996 jusqu’à nos jours, la lutte contre la traite des êtres humains a progressé, sans faire diminuer le nombre de victimes. Martina Liebsch, coordinatrice du plaidoyer sur la traite des êtres humains à Caritas Internationalis, met en perspective les actions menées et les propositions adressées à tous les partenaires de ce combat.  

Les initiatives encore modestes des Caritas ou d’organisations catholiques de Lituanie, Pologne, Tchéquie, Ukraine, Autriche et Angleterre en 1996 ont montré qu’une mise en réseau (1) renforcerait leurs actions et améliorerait les bonnes pratiques dans la lutte contre la traite des femmes. Dès 1998, nous avons élargi la notion de traite des êtres humains, jusque-là axée sur la prostitution, à l’esclavage par le travail, élément encore plus fort.
En 2001, le sujet est devenu prioritaire pour l’Union européenne. Pour la première fois, on a parlé d’une approche multisectorielle à l’égard des victimes qui devait inclure un accompagnement psychosocial et des poursuites contre les criminels. Dans la foulée, la Commission européenne a créé un groupe de 19 experts, dont j’étais membre. Fin 2007, nous avons présenté 132 recommandations, concernant la protection des victimes, leurs perspectives d’avenir et leur réinsertion, leurs droits, l’établissement de données autant quantitatives que qualitatives, et enfin l’analyse des situations qui amènent à l’esclavage.
Le thème de la traite des enfants choisi par le réseau Coatnet pour la 2e journée européenne montre du doigt ce problème en progression. En tant que chrétiens, nous nous devons d’agir. La pauvreté des parents est souvent à l’origine de la traite. De fait ce sont eux ou des proches qui en viennent à vendre les enfants, mais ils doivent être prévenus de ce qui les attend. Les polices européennes doivent être formées à l’accueil des enfants victimes de la traite, en assignant un tuteur et en apportant une écoute et une grande vigilance pour éviter de les renvoyer dans leur pays sans savoir pourquoi et qui les en a fait partir. Des campagnes d’éducation aux droits de l’homme des jeunes et de prévention de grande ampleur devraient être organisées, à l’exemple de la Roumanie.
Certes, la sensibilité publique est plus grande, il y a davantage de coordination. Mais nous avons besoin d’un mécanisme pour évaluer l’efficacité des politiques existantes.

Martina Liebsch

(1) Sous le nom de Coatnet (Christian Organisations Against Trafficking In Human Beings), réseau européen d’associations chrétiennes contre la traite des êtres humains.



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