Le 26 décembre 2004, le raz de marée qui allait entrer dans l’histoire des plus grandes catastrophes de l’humanité et dans toutes les langues sous le vocable japonais de «Tsunami», provoquait 300 000 morts et des centaines de milliers de survivants démunis. L’émotion de la planète pour les populations du sud et du sud-est asiatique se traduisait par un élan de générosité sans précédent. Les toutes premières heures après le drame, le Secours Catholique-Caritas France et ses partenaires se mobilisaient, débloquaient les premiers fonds et lançaient un appel aux dons qui allait rapporter 34,9 millions d’euros. Le 27 décembre, les 162 Caritas du monde entier se répartissaient les actions à mener. Le Secours Catholique était désigné pour coordonner l’aide au Sri Lanka. En association avec de multiples acteurs, un gigantesque travail de secours et de réhabilitation se mettait en oeuvre.
Dans l’urgence, plus de 500 000 sinistrés bénéficiaient du réseau Caritas. Dans la phase de post-urgence, Caritas construisait plus de 6 500 maisons transitoires au Sri Lanka et plusieurs milliers d’abris provisoires dans les autres pays, remplaçaient écoles et bateaux, prodiguaient appuis psychologiques et économiques. Le programme de réhabilitation et de développement du Secours Catholique et de ses partenaires Caritas était établi pour une durée de 6 ans.
La phase actuelle tend à faire respecter le droit des victimes à vivre dans la dignité, à disposer d’un toit et de revenus suffisants. Les lois des pays et les hésitations administratives ont retardé la reconstruction des maisons qu’une distance de sécurité sépare de la mer. Toutefois, le rythme des derniers mois s’accélère, les chantiers Caritas se multiplient et des dizaines de maisons sont maintenant terminées. Mais le nombre d’habitations à construire est tel que plusieurs années de travaux seront nécessaires. La reconstruction n’est pas seulement matérielle ou économique, elle est aussi morale et sociale. Un engagement de plusieurs années doit renforcer les partenaires et défendre les droits de toutes les populations côtières. Les situations rencontrées, spécifiques à chacun des pays où l’action est engagée, ont suggéré des approches différentes. Les injustices sociales (castes en Inde) et les guerres (Sri Lanka, Indonésie) qui précédaient la catastrophe sont prises en compte pour que la reconstruction n’engendre pas d’autres inégalités. Des plaidoyers tentent d’obtenir des politiques plus justes ou des actions plus efficaces.
La réponse des ONG au tsunami n’a pas de précédent en matière d’urgence. L’importance des sommes collectées a accru l’intérêt du public sur l’affectation des fonds ; aussi les ONG s’efforcent-elles d’informer mieux et davantage. En matière de réhabilitation, il a fallu expliquer que dépenser vite n’est pas forcément dépenser bien. Relever, établir, identifier les besoins et les bénéficiaires pour ensuite planifier et programmer, sont gage des actions de qualité.
Enfin, le tsunami a suscité des interrogations quant au sens de la vie. Le Secours Catholique invite à méditer sur les détresses du monde et sur la manière de relever ses futurs défis. Pour l’heure, le Secours Catholique remercie chaleureusement tous les acteurs du gigantesque chantier de solidarité en cours : les donateurs en premier lieu - puisque sans eux rien ne serait possible - les délégations du Secours Catholique, les entreprises, les médias et tout particulièrement les partenaires et les équipes présentes sur le terrain.
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