La coordination française pour la paix en Colombie, dont le Secours Catholique – Caritas France est membre, exprime sa « profonde préoccupation quant à la situation des droits de l’homme en Colombie à l’approche des élections présidentielles du 28 mai 2006. »
Malgré tous les traités internationaux auxquels la Colombie a souscrit, et les engagements acquis en 2003, 2004 et 2005 face à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire (DIH) continuent à affecter plus particulièrement les défenseurs des droits de l’homme, les hommes politiques et la population civile. Par ailleurs, le Gouvernement colombien continue à prendre des mesures qui vont à l’encontre des recommandations de la Commission qui soulignent la nécessité de lutter contre l’impunité et la connivence entre la Force Publique et les groupes paramilitaires, et d’appliquer les principes du DIH.
Les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains ont été la cible de multiples menaces de mort au cours de ces dernières années. Entre août 2002 et juin 2005, 43 défenseurs des droits de l’homme, ont été assassinés ou ont 'disparu', dont 7 au cours de l’année 2005 . Selon la FIDH, 29 syndicalistes ont perdu la vie durant le seul premier semestre 2005.
Bien que les gouvernements successifs en Colombie aient adopté des mesures de protection pour améliorer la sécurité des hommes politiques, ces mesures demeurent largement insuffisantes. Les candidats électoraux, électeurs et fonctionnaires continuent de faire l’objet d’attaques répétées de la part des différents groupes armés. Ces attaques ont pour objectif l’intimidation ou la démission, voire l’assassinat, de ceux qui tentent d’enquêter sur les atteintes aux droits de l’homme, les actes de corruption ou les activités délictueuses imputables aux acteurs armés.
Ainsi, le Secours Catholique – Caritas France demande aux autorités françaises d’intercéder auprès des autorités colombiennes afin de :
- Reconnaître que le travail de défense des droits de l’homme est une activité légale et légitime, qui contribue à la construction de l’Etat social de droit.
- Garantir le libre exercice de la défense des droits de l’homme sans que ce travail soit la cause de quelconque menace. Les mouvements de défense des droits de l’homme souhaitent simplement s’assurer que n’importe quel type de négociation, politique de sécurité ou processus électoral contribuent à la réalisation effective des droits de l’homme et à la construction d’une paix durable.
- Enquêter sur toutes les menaces dirigées contre des défenseurs des droits humains et de traduire en justice les responsables présumés ;
- Mener des investigations approfondies et impartiales sur les liens existant entre les forces de sécurité et les groupes paramilitaires, de rendre publiques les conclusions et de déférer à la justice les personnes soupçonnées de soutenir ces groupes ou d’en faire partie, conformément aux recommandations formulées par les Nations Unies.
- Garantir de manière effective et immédiate le démantèlement des organisations paramilitaires.
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