Autisme : une maison aux petits soins

Autisme : une maison aux petits soins

Publié le 25/11/2016
Hauts-de-Seine
 

À la Cité Jacques Descamps de l’ACSC, on prend soin d’adultes atteints d’autisme et autres troubles envahissants du développement. Ils y sont accompagnés tout au long de leur vie, dans un projet qui favorise leur autonomie et leur bien-être.

 
Autisme : une maison aux petits soins
Diaposonore
Vivre et progresser, avec l'autisme
 

C’est une belle demeure entourée d’un grand parc, à Bagneux, en proche banlieue parisienne. Une maison pas comme les autres. Dès 7 heures du matin, ses 40 résidents permanents, souffrant d’autisme et de déficience intellectuelle, sont déjà levés et requièrent toute l’attention.

Un accompagnement global est assuré – médical et éducatif – afin de favoriser leur autonomie et de maintenir ou améliorer leurs compétences cognitives, relationnelles et de communication, dans la cité mais aussi lors de sorties ou de week-ends en famille.

« Bravo Yann, c’est très bien ! » applaudit Alahoï, moniteur-éducateur dans l’une des six unités de vie appelées “maisons” et composées de chambres individuelles et d’espaces communs chaleureux. Ce matin, Alahoï travaille avec Yann – un jeune homme qui, comme la plupart des résidents, ne parle pas ou peu – via des jeux de reconnaissance (formes, couleurs, odeurs) et de verbalisation.

Il montre l’image d’une fourchette et la nomme. Yann répète, du bout des lèvres. « L’objectif, explique l’éducateur, c’est qu’ils arrivent à s’exprimer avec des mots, plutôt que par des cris ou des gestes. »

Apaiser les angoisses

Tâches de la vie courante, ateliers cognitifs et de communication, alphabétisation, judo, équitation, escalade... l’emploi du temps, individualisé, de chaque résident ne laisse rien au hasard. « Les personnes autistes n’ont pas la notion du temps, indique Élodie Couraye, psychologue. Des plannings visuels leur permettent de se repérer dans leur journée, leur semaine, d’anticiper ce qui va se passer. Ce cadre sécurisant atténue leurs angoisses, sources de troubles du comportement. »

Ces outils – images, objets, photos – favorisent aussi leurs prises d’initiative : demander un verre d’eau en pointant l’image correspondante, exprimer une émotion…

« Fais-moi la colère... la colère noire, Nicolas ! » invite la psychologue lors de l’atelier théâtre. Après avoir travaillé durant un an à reconnaître les différentes émotions, chacun essaie de les reproduire. Un vrai défi.

« L’idée, c’est qu’ils puissent mobiliser ensuite ces émotions dans leurs interactions avec les autres », souligne la psychologue. La musique, la médiation animale ou encore les stimulations sensorielles dans un espace zen spécifique sont également utilisées.

En fin de journée, le rythme ralentit. Mais ce jour-là, dans une des unités, on danse et on joue à la chaise musicale en l’honneur de Cédric, un résident. Il fête ses 33 ans. Un moment de joie que chacun partage, à sa façon.  

 

« Assurer toujours mieux le bien-être des personnes que nous accueillons »

L'éclairage de Katy saudemont, directrice de la cité jacques descamps

 

« Notre projet s’appuie sur plusieurs axes, dont celui de développer des activités au plus près des compétences et des besoins de chacun. Ainsi, nous avons installé un partenariat avec un Ésat (Établissement et service d’aide par le travail) car nous nous sommes rendu compte que certains jeunes résidents, qui ont bénéficié de programmes adaptés en instituts médico-éducatifs, avaient des compétences pré-professionnelles.

À l’inverse, se pose la problématique du vieillissement, qui se fait sentir avant 40 ans. Il implique des pathologies associées qui sont de plus en plus lourdes. Nous réfléchissons donc à créer une nouvelle unité comprenant un volet médical plus poussé.

Cela éviterait de devoir changer les résidents vieillissants de lieu de vie – ce que redoutent les parents – car ils se sentent ici chez eux et n’auraient pas d’autre solution que l’Ehpad, qui n'est pas adapté à l’autisme.

Nous menons aussi une réflexion sur la prise en charge des personnes en externat, qui viennent pour la journée. Elles sont six. Nous aimerions les accueillir dans un espace de vie qui leur soit réservé.

Enfin, nous souhaiterions augmenter le nombre de places temporaires dans une unité particulière pour des séjours de rupture qui soulagent les familles et permettent de créer des outils de communication que les résidents pourraient rapporter ensuite à la maison. L’objectif est d’assurer toujours mieux le bien-être des personnes que nous accueillons. »

Clarisse Briot
Crédits photos : @Elodie Perriot / Secours Catholique
portrait de famille
Plus d'informations
Soutien aux familles et à l'enfance
# sur le même thème