Emploi : écouter les envies, valoriser les compétences

Publié le 03/02/2017
Clermont-Ferrand
Emploi : écouter les envies, valoriser les compétences
 

Au 13 rue Louis-Braille, à Clermont-Ferrand, le Secours Catholique propose depuis 2012 un accompagnement personnalisé à ceux qui peinent à trouver du travail. Mené en collaboration avec Pôle emploi et avec la participation d'étudiants en psychologie du travail, cet atelier mise sur la capacité des demandeurs d'emploi à analyser leurs compétences et leurs besoins. 

Homme énergique et volubile, à 61 ans Guy Xicluna est retraité de la marine. Cet ancien major a passé les dix dernières années de son engagement à accompagner la reconversion civile de ses collègues militaires.

Pour cela, il a suivi la même formation que les cadres de Pôle emploi, obtenu un diplôme équivalent à un master permettant de faire des bilans de compétence, et rejoint le département Validation des acquis de l’expérience (VAE) à la direction du personnel du ministère de la Défense.

Depuis 2012, c'est au sein du Secours Catholique, à Clermont-Ferrand, que le militaire à la retraite conseille bénévolement les demandeurs d'emploi.

« Nous recevons une dizaine de personnes par mois que nous accompagnons pendant deux mois, deux mois et demi, explique-t-il. Nous parlons d’abord de leur situation, recherchons leurs points forts et identifions leurs points faibles. En toute confidentialité, elles me racontent leurs parcours, et nous essayons ensemble de trouver une solution à leur problème d’emploi. » L’important est de faire, insiste Guy : « Faire ensemble. »

 

Il ne savait pas comment expliquer ses capacités. J’ai  joué le rôle de facilitateur.

Guy Xicluna

« Par expérience, dit-il, je peux dire que les gens savent ce dont ils ont besoin même s’ils ne savent pas toujours l’exprimer. »  Le travail d’écoute est donc important. Il permet parfois de repérer un élément déterminant, celui qui va orienter la recherche dans telle ou telle direction.

Le bénévole aime raconter l’histoire de ce chauffeur qui avait conduit un camion algérien, aux spécificités particulières. « Il ne savait pas comment expliquer ses capacités. En me parlant de ce camion dont je connaissais le modèle, il a trouvé en moi quelqu’un qui s’intéresse à lui, et qui comprenait ce qu’il était capable de faire. J’ai alors joué le rôle de facilitateur. »

Développer des synergies

Ce rôle de facilitateur, Guy Xicluna le doit à son entregent et à son goût pour développer des synergies. « Je suis en lien avec des employés de Pôle emploi dont certains viennent travailler avec moi au Secours Catholique. C’est un cercle vertueux. »

Autre ressource : la filière « psychologie du travail » de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. « Il y a toujours un ou deux étudiants qui viennent faire du bénévolat. Ici, ils découvrent leur nouveau métier. » Ainsi se tisse un réseau dans lequel il ne reste plus qu’à faire entrer les nouveaux candidats à l’emploi.

 

Je suis en lien avec des employés de Pôle emploi dont certains viennent travailler avec moi au Secours Catholique.

Guy Xicluna

Tandis qu’au premier étage, dans la grande salle de l'accueil, Guy Xicluna nous explique le fonctionnement de l’atelier emploi, arrive David, jeune homme de 26 ans, qui semble ici chez lui. Il salue tout le monde, s’assied devant un ordinateur et commence à surfer sur Internet.

Il y a deux ans, l’assistante sociale l’avait envoyé au Secours Catholique pour obtenir un colis alimentaire. Il avait incidemment mentionné son besoin d’être aidé pour rédiger un C.V. On l’avait alors orienté vers Guy.

Remise à plat

Les deux hommes depuis se tutoient. « C’est naturel, dit Guy. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. J’ai appris à David à faire un C.V., une lettre de motivation, à utiliser un ordinateur, comment chercher, à qui s’adresser. Les gens qui viennent ici ont souvent perdu leur motivation quand ce n’est pas tout espoir de retrouver du travail. Alors, avec eux, on remet tout à plat. »

Depuis neuf mois, David fait de l’intérim dans la restauration. « C’est exactement ce que je voulais faire, dit le jeune homme. Avant de rencontrer Guy, j’étais perdu. Je ne savais pas où aller. Guy m’a redonné confiance. Ici on est toujours bien accueilli. Quand j’ai besoin de conseils, d’un ordinateur, d’une imprimante ou quand j’ai simplement envie de saluer Guy, je fais une halte ici. »

 

C’est exactement ce que je voulais faire.

David

L’offre d’accompagnement vers l’emploi n’est pas seulement réservée aux habitants de Clermont-Ferrand. Elle s'élargit à l'ensemble des communes du Cantal et du Puy-de-Dôme.

Lorsqu'une personne souhaite être accompagnée, les bénévoles de l'équipe locale du Secours Catholique prennent rendez-vous auprès de l’atelier emploi, et l'un des cinq membres de l'atelier vient sur place pour la rencontrer.

« Toutes les personnes qui nous sont adressées ne vont pas jusqu’au bout de l’accompagnement », précise Guy Xicluna. Mais à ceux qui persévèrent, « nous donnons toute notre énergie et les trois quarts d’entre eux retrouvent du travail ou une solution à leurs problèmes ».

 

« On mise sur l'émulation collective »

De plus en plus d'équipes du Secours Catholique expérimentent l'accompagnement collectif vers l'emploi. La dynamique de groupe, constatent-elles, permet l'échange de savoirs et peut rebooster la motivation de chacun.

 
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Reportage

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Jacques Duffaut
© Gaël Kerbaol/Secours Catholique
Jeune homme réparant un ordinateur
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