En Haute-Savoie, la maison du bien-être

Publié le 04/04/2017
Haute-Savoie
En Haute-Savoie, la maison du bien-être
 

Créée en avril 2016, la Maison des familles d’Annecy est rapidement devenue le point d’ancrage de nombreux enfants et de leurs parents, jusqu’alors isolés. Une belle réalisation commune du Secours Catholique et des Apprentis d’Auteuil.

La date du 18 avril approche et Claire Boden souhaite célébrer le premier anniversaire de la Maison des familles d’Annecy qu’elle dirige. Une dizaine de mamans et un papa sont installés dans le salon de la maison, réfléchissant à la manière de marquer l’événement. Par la baie vitrée entrouverte, ils aperçoivent leurs enfants qui jouent, courent et s’amusent sous le soleil précocement printanier de ces vacances de février.

La directrice et son assistante, Camille Mejat, travailleuse sociale, questionnent les parents. Les idées fusent. Quelqu’un propose une réunion de parents sans les enfants. « Quand nous venons ici, c’est pour nous sentir bien, pour prendre notre temps. Si les enfants ne sont pas avec nous, on se sent pressées d’aller les chercher », objecte une maman, approuvée par les autres participantes.

Le seul papa présent ne dit rien. C’est la seconde fois qu’il vient avec ses trois enfants. Habitant Thonon-les-Bains, il se sent moins légitime à prendre la parole que les mamans du quartier qui viennent régulièrement.
 

Ici c’est beau et on parle français.

Kuci

En quelques mois, la Maison des familles est devenue le havre de paix d’une quarantaine de familles. Elles y trouvent écoute, aide psychologique et/ou technique (notamment pour celles qui ne sont pas informatisées) et amis. « Deux fois par semaine, nous faisons le marché, nous cuisinons, nous déjeunons ensemble. Ici c’est beau et on parle français », dit avec enthousiasme Kuci, Albanaise de 37 ans, mère de quatre fils âgés de 9 à 17 ans. Les deux plus jeunes jouent au football à quelques mètres de la balancelle du jardin où elle est assise.

Elle évoque une vie difficile : la violence qu’elle a fuie, les six mois à dormir dehors avec ses fils, la chambre qu’ils partagent aujourd’hui. Mais aussi son bonheur d’être en France. Et son désir de devenir un jour assistante sociale.
 

Il y a plein de choses à faire. Il y a même de la peinture.

Hiliana, 7 ans

À l’intérieur, dans une pièce adjacente au salon, Anna (4 ans) et Hiliana (7 ans) confectionnent des masques qu’elles porteront pour mardi gras. La première est une habituée, la seconde vient pour la première fois. Hiliana découvre qu’ici « il y a plein de choses à faire. Il y a même de la peinture ».

Dans une pièce voisine, les tout-petits font la sieste sous la surveillance de Noëlle Sauvalle, l’une des cinq bénévoles de la Maison qui, en fin de journée, calcule que « sans l’équipe d’encadrement (la directrice et son assistante, deux volontaires civiques et elle-même), 42 personnes ont passé l’après-midi avec nous. »

 

La maison du bien-être

La maison du bien-être
Au bonheur

des familles

 

Claire Boden : « Nous nous appuyons sur les réussites et les raisons d'être fier de soi »

À la Maison des familles d’Annecy, des parents en déficit de lien social viennent avec leurs enfants découvrir d’autres parents et goûter au plaisir de la rencontre et de l’échange.

éclairage de Claire Boden
Directrice de la maison des familles d'annecy

 

La Maison des familles est née de la collaboration du Secours Catholique et des Apprentis d’Auteuil, après une gestation de trois ans qui a servi à peaufiner le projet et à trouver les financements nécessaires. Nous voulions une maison moderne et confortable, avec un jardin où puissent jouer les enfants. Pas facile, à Annecy, car la proximité de la Suisse dope les prix de l’immobilier. Finalement, l’église Saint-Étienne, aux portes de la ville, nous a loué ce bâtiment.

Après plusieurs mois et 180 000 euros de travaux, la Maison a ouvert en avril 2016. Les familles viennent du mardi au vendredi avec, deux fois par semaine, la possibilité de partager le repas de midi. C’est l’occasion de s’approvisionner et de cuisiner ensemble, d’aborder la qualité, l’origine et le prix des produits alimentaires, la gestion d’un budget et l’équilibre des repas. Les parents viennent quand ils veulent avec leurs enfants en bas âge, et avec leurs enfants plus grands le mercredi ou pendant les vacances.

Nous recevons aisément jusqu’à 35 personnes en même temps. Nous prenons le temps de nous asseoir, de parler des sujets sensibles touchant à toute forme de précarité : fragilités affective, financière, administrative ou relationnelle. Nous essayons de combattre la disqualification sociale en nous appuyant sur les réussites et les raisons d’être fier de soi. 

Jacques Duffaut
© Gaël Kerbaol/Secours Catholique - Caritas France
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